Pour redevenir attractives, les BFI françaises tentent d'assouplir leur cadre de travail.
C'est l'amorce d'un changement de culture au sein des banques d'investissement françaises. Habituées au strict respect hiérarchique et à une forme de « présentéisme » propre à l'Hexagone, elles se mettent au télétravail. Les contraintes de conformité n'ont jamais été aussi fortes pour éviter les risques de fraude et veiller à la confidentialité dans ces métiers, mais les banques n'ont pas d'autre choix si elles veulent conserver leurs équipes et recruter des jeunes plus attirés par les start-up et les acteurs de la tech.
Ainsi, chez Natixis, après un pilote lancé il y a deux ans avec une centaine de personnes, l'ensemble des salariés en France va se voir proposer de travailler 1 à 2 jours à distance d'ici à mi-2017. « Nos métiers font face à des enjeux importants avec la révolution numérique, la réglementation qui s'accroît, la pression concurrentielle. Pour soutenir l'engagement de nos collaborateurs, il nous faut faire évoluer nos modes de management : développer la culture de la responsabilité et de la confiance, plutôt que celle du contrôle et du présentéisme », explique Cécile Tricon Bossart, directrice adjointe des ressources humaines de Natixis. Celle-ci reconnaît que cela ne va pas de soi. « Nous avons opté pour une période de déploiement longue afin que les managers réticents soient convaincus par le retour d'expérience des autres métiers. »
Mais les critères d'éligibilité sont stricts. Les métiers où le télétravail présenterait des risques de fraude, qui nécessitent des équipements spécifiques ou qui sont soumis à l'enregistrement des communications, comme le trading, sont exclus. Le responsable d'équipe reste, en outre, souverain dans la décision.
Les bénéficiaires reconnaissent un avantage immédiat : la réduction des temps de transport. Cet impératif a d'ailleurs guidé l'accord qui vient d'être signé chez Crédit Agricole CIB alors que la filiale de la Banque verte va transférer en mai la majeure partie de ses équipes de la Défense sur le campus du groupe à Montrouge.
A l'issue d'un pilote de 80 personnes, Cacib estime que la demande pour 1 à 2 jours de télétravail va concerner 10 % de ses effectifs en France, soit 500 salariés. Là aussi, l'éligibilité est encadrée. Les métiers qui supposent des applications spécifiques sont exclus. Ne peuvent prétendre au maximum des 2 jours que les salariés contraints par 2 h 30 de trajet, les plus de 55 ans et les femmes enceintes. Reste, estime aussi Eric Bazin, responsable des relations sociales et de la politique de l'emploi chez Cacib, que le « télétravail est devenu une vraie demande des salariés, et un enjeu d'attractivité, en particulier auprès des ingénieurs informatiques ». A la Société Générale aussi, un accord a été signé et se déploie dans la BFI.
Prévention des risques psychosociaux
Au-delà du télétravail, les banques s'attaquent au sujet plus sensible de la prévention des risques psychosociaux. Si les syndicats voulaient qu'elles aillent bien plus loin, elles cantonnent à ce stade le sujet autour de la qualité de vie au travail, bousculée par des contrôles plus élevés, les outils numériques et la mobilité. Natixis, qui a ouvert la négociation mercredi, a travaillé sur les pratiques de gestion des courriels hors temps de travail ou les réunions trop longues. Ces dérives semblent anodines mais elles supposent de changer les moeurs. Car qui ne va pas répondre au mail de son supérieur ? « Il faut une gestion intelligente, en réservant les exceptions aux vraies urgences, notamment commerciales dit Cécile Tricon Bossart. Mais ce déploiement doit forcément passer par une exemplarité managériale. »
A. D., Les Echos
Notre Avis:
Dans le cadre des NAO, la Direction a décidé de considérer ce sujet comme un des quatre prioritaires pour BPCE Sa.
On peut déjà avoir un retour d'expérience intéressant, sur ce qui a été fait à Natixis.
Pour obtenir un entretien d’embauche auprès de la compagnie aérienne
espagnol Air Europa dans le cadre d’une campagne de recrutement, il faut
débourser 60€.
Le syndicat USO (social-chrétien) et une association de pilotes ont
saisi l’inspection du travail afin de dénoncer cette pratique qu’ils
estiment illégale.
En cas de licenciement, les 60€ sont rendus avec les intérêts ?
La section CFTC de BPCE Sa, vous souhaite une bonne semaine
Au programme:
Mercredi:
Prépa Comité d'entreprise.
Jeudi:
Comité d'entreprise ordinaire.
ordre du jour.
1. Approbation du procès-verbal de la réunion du 28 janvier 2016
2. Information consultation sur le projet de création au sein de la Direction
des Programmes Groupe d'une fonction de coordination des MOA de
BPCE
3. Information consultation du Comité d'Entreprise sur le projet d'évolution
de l'organisation des Affaires Publiques Groupe
4. Information consultation du Comité d'Entreprise sur le projet de création
de la Direction des Risques, de la Conformité et des Contrôles
Permanents
5. Bilan 2015 des dérogations au repos dominical et jours fériés de l'année
6. Bilan 2015 des heures supplémentaires et utilisation des heures
supplémentaires en 2016
7. Compte rendu du Conseil de surveillance du 10 février 2016
8. Points divers
Notre Avis:
Le Comité d'entreprise continue d'étudier les multiples réorganisations des directions de façons très disparates.
A quand le vrai projet cible du futur organe central.
Quelles missions ?
quel financement ?
quel effectif ?
Nous avons l'impression que cette méthode et que les propos de F Pérol aux médias:
"un faisceau d'inquiétudes simultanées
qui pèsent sur l'économie
mondiale. L'année 2016 a commencé
avec un niveau inédit d'incertitude…
et des remèdes plus difficiles à identifier"
"Il paraissait indispensable de donner
au groupe toute la cohésion et la visibilité
nécessaires pour mener sa
transformation, qui s'amplifiera au
cours des prochains mois"
Ne peuvent qu'avoir un aspect anxiogène sur les salariés.
tout est incertain, les remèdes difficiles à identifier, mais il est nécessaire de commencer à réorganiser maintenant, puis d'amplifier les transformations, en toute logique avant on faisait l'inverse !
Un couple à Calais. en juillet 2015. DENIS CHARLET / AFP
Faites des études, vous vivrez plus longtemps ! Voilà le conseil que des parents pourraient donner à leurs enfants à la lecture de l’étude publiée jeudi 18 février par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’espérance de vie progresse de façon quasiment constante en France, notamment sous l’effet des progrès de la médecine : en moyenne, un homme de 35 ans aujourd’hui peut espérer vivre 5 ans de plus, et une femme 5,5 ans de plus qu’à la fin des années 1970.
Cette hausse profite à tous, mais les inégalités selon le niveau social perdurent. Ainsi, un cadre continue à vivre six ans de plus qu’un ouvrier, et une femme cadre trois ans de plus qu’une ouvrière. Ces écarts n’ont pas bougé depuis trente ans.
Pour la première fois, l’Insee pousse plus loin l’analyse, en mesurant l’espérance de vie par niveau de diplôme. Le résultat est saisissant : chez les hommes, plus le diplôme est élevé, plus la vie est longue. Un homme diplômé du supérieur peut espérer vivre un an de plus qu’un bachelier, 3,5 ans de plus qu’un titulaire d’un BEP ou d’un CAP, 4,6 ans de plus qu’un titulaire du brevet ou du certificat d’études et 7,5 ans de plus qu’un homme sans aucun diplôme.
Chez les femmes, les écarts sont moins grands. « Une femme diplômée du supérieur vit en moyenne presque aussi longtemps qu’une bachelière (0,4 an d’écart), relève l’étude. Les écarts restent contenus avec une femme ayant un CAP ou un BEP (1 an), ou bien le brevet ou le certificat d’études (1,7 an). Elle vit en revanche nettement plus longtemps qu’une femme sans diplôme. »
Davantage recours aux soins
« Les causes des écarts entre les niveaux de diplômes sont les mêmes que pour les écarts entre catégories socioprofessionnelles, explique Isabelle Robert-Bobée, chef de la division enquêtes et études démographiques de l’Insee. Une multiplicité de facteurs entre en jeu. » Les cadres sont moins soumis aux risques professionnels que les ouvriers (accidents, maladies, expositions à des produits toxiques). En matière de santé, ils ont davantage recours aux soins, et consultent plus de médecins spécialistes. La consommation de tabac, d’alcool, et l’obésité sont plus fréquentes au bas de l’échelle sociale. Ces différences de comportement se perpétuent : chacun a tendance à reproduire les habitudes de ses parents.
L’Insee rappelle une autre grande inégalité en matière d’espérance de vie : quels que soient leurs diplômes, les femmes sont avantagées. Ainsi, l’espérance de vie des femmes sans diplôme est quasiment égale à celle des hommes ayant un diplôme supérieur au baccalauréat. Comment l’expliquer, alors qu’elles ont des revenus faibles et que leurs conditions de travail sont plus difficiles ? Là encore, par des facteurs multiples. Elles consomment moins d’alcool que les hommes, leur durée de travail (hebdomadaire ou tout au long de la vie) est plus faible, ce qui diminue les risques liés à l’environnement professionnel. Elles bénéficient par ailleurs d’un meilleur accès aux soins, car elles sont en contact avec le monde médical au moment des grossesses. « Certaines études scientifiques mentionnent que les femmes disposeraient d’avantages biologiques expliquant leur espérance de vie plus longue », ajoute Mme Robert-Bobée.
L’Insee se borne à effectuer un constat chiffré, sans s’aventurer sur le terrain des préconisations. Ces résultats posent cependant la question de l’efficacité des politiques de prévention en matière de santé et de réduction des risques professionnels pour les catégories sociales les plus exposées.
Notre Avis: Et pour ceux qui sont cadres, en utilisant de faux diplômes, ça marche comment ?
Le
député PS a déposé, hier, une nouvelle proposition de loi pour faciliter la
reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel comme maladie
professionnelle. Un texte signé par 83 députés, socialistes et écologistes, et
conçu avec l’appui du cabinet Technologia.
par Anne
Fairise18/02/2016Liaisons
Sociales Magazine
Benoît
Hamon ne lâche pas le morceau. Le député socialiste, et ancien ministre, a
déposé mercredi 17 février une nouvelle proposition de loi pour faciliter la
reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel, dit burn-out, comme
maladie professionnelle. Le frondeur, qui avait fait une précédente tentative
lors de l’examen au printemps 2015 de la loi sur le dialogue social, espère
cette fois profiter du projet de loi El Khomri, attendu début avril à
l’Assemblée nationale, pour faire avancer le dossier.
Soutenue
par83 députés, socialistes
et écologistes,la proposition de loitient en un seul petit article qui
propose de faciliter l’instruction de demandes en reconnaissance dans les
comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles (C2RMP).
Actuellement, les salariés qui engagent cette démarche individuelle doivent
présenter un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) de 25%. Un seuil trop
élevé, selon la pétition accompagnant la proposition de loi, qui est « un
obstacle à l’instruction des dossiers ». C’est pourquoi cette dernière
propose tout simplement de supprimer ce seuil.
Chemin de
croix
« C’est
la voie la plus simple et la plus pragmatique », a expliqué Benoît Hamon,
pour faire avancer le dossier qualifié de « très urgent ». Les
médecins du travail tirent, depuis des années, la sonnette d’alarme sur la
montée du burn-out qui frappe sans distinction cadres et simples employés,
salariés du public comme du privé. Bien qu’il n’existe aucun consensus sur le
nombre de personnes concernées. Les estimations varient de 30.000 (selon
l’institut de veille sanitaire, InVS) à trois millions selon le cabinet
Technologia, spécialisé dans la prévention des risques psycho-sociaux. Pour les
services du ministère du Travail, 9% des salariés sont « surexposés »
aux risques psycho-sociaux.
« Faciliter
la reconnaissance de l’épuisement professionnel, c’est engager un cercle
vertueux. Les entreprises vont être incitées financièrement à agir en
prévention. Les victimes de burn-out se reconstruiront plus rapidement, une
fois que sera reconnue la responsabilité directe de leur travail dans leur
situation », a expliqué Jean-Claude Delgènes, patron du cabinet
Technologia.
Des cas
trop rares aujourd’hui, selon Martine Keryer, secrétaire nationale confédérale
CFE-CGC chargée de la santé au travail, également présente lors de la conférence
de presse organisée par Benoît Hamon et les élus. « La reconnaissance des
cas d’épuisement professionnel par les commissions régionales dédiées
s’apparente à un chemin de croix », a commenté la syndicaliste.
Selon elle, 315 dossiers seulement ont pu y être présentés. La moitié d’entre
eux ont obtenu, après instruction, une reconnaissance en maladies psychiques
liées au travail.
Refus
persistant du patronat
Assouplir
les modalités d’examen dans les commissions régionales reste, en fait, l’unique
voie possible pour agir sur la reconnaissance de l’épuisement professionnel en
maladie professionnelle. L’inscription des troubles psychiques liés au burn-out
au tableau des maladies professionnelles a été écartée l’an passé par le
ministre du travail François Rebsamen, en raison des difficultés à distinguer
ce qui relève de cause personnelle et professionnelle dans les troubles
psychologiques.
Elle se
heurte aussi au refus persistant du patronat, qui reprend les mêmes arguments.
Et est peu enclin à se voir transférer une nouvelle charge. De fait, si les
pathologies liées au burn-out étaient reconnues comme maladies
professionnelles, la prise en charge du salarié en arrêt reviendrait, non plus
à l’assurance maladie, mais à la branche ATMP (Accident du travail-maladie
professionnelle), financée à 97% par les cotisations employeurs.
L’Académie
de médecine vient d’apporter de l’eau au moulin des réfractaires à
l’inscription de l’épuisemement professionnel au tableau des maladies
professionnelles, en réclamant davantage de recherche sur le burn-out.
« Le terme de burn-out renvoie à une réalité mal définie (…) et ne peut
donc être actuellement un diagnostic médical », écrit-elle dans un rapport
rendu public mardi 16 février, la veille de la présentation de la proposition
de loi portée par Benoît Hamon.
Suite à notre article d'hier sur l'accord salarial AFB, vous avez été nombreux à nous demander, comment se calcule la GSI, prévue dans la convention collective de l'Association Française des Banques.
Voici le texte de la communication Adhérent n°2014006 du 9/3/15, faisant un point sur le sujet.
Notre Avis:
Oui, ce n'est pas simple et ça ne peut pas s'appliquer souvent.
Nous faisons suite à la
réunion de la « Commission Paritaire de la Banque » du
lundi 15 février 2016 et vous prions de bien vouloir trouver, en pièce jointe,
l’accord salarial ouvert à la signature jusqu’au 29 février 2016.
LaHauteautorité
pour la transparence de la vie publique, créée après l'affaire Cahuzac, a
vu ses pouvoirs se renforcer sous la présidence de Jean-Louis Nadal. Et espère
poursuivre dans cette voie.
Jean-Louis Nadal, le
président de la Haute autorité avec François Hollande le 7 janvier 2015. REMY
DE LA MAUVINIERE / POOL / A
Il y a du
mieux mais le système de contrôle est encore loin d'être parfait. C'est le
message qu'a tenu à faire passer la Haute autorité pour la
transparence de la vie publique (HATVP), qui vient de publierson premier rapport
d'activité.
Créée en 2013 à
la suite du scandale Cahuzac, la Haute autorité qui est chargée de contrôler
les déclarations d'intérêts des élus, formule plusieurs propositions visant notamment à éviter de nouvelles affaires
Cahuzac ou Thévenoud. Voici ce qu'il faut savoir de cet organe.
1. Son rôle
Créée en 2013 à la suite de
l'affaireCahuzac, la Haute Autorité est chargée de contrôler les
déclarations d'intérêts des élus.
Elle a comme prérogatives : la vérification de la situation fiscale des
ministres, le contrôle des déclarations de patrimoine des membres du
Gouvernement et du Parlement, le contrôle des intérêts de plusieurs milliers de
déclarants, la publication sur son site internet ou en préfecture de plusieurs
milliers de déclarations, le contrôle du pantouflage d’anciens ministres ou
d’anciens élus locaux, ou encore les réponses aux demandes d’avis
déontologiques de déclarants et d’institutions publiques.
Pour les parlementaires et principaux responsables exécutifs
locaux, les déclarations sont consultables dans les préfectures par tout
électeur du département, à condition de ne pas les divulguer, sous peine
d'amende (45.000 euros). Chaque citoyen peut saisir laHauteautorité s'il soupçonne que l'une
d'entre elles est mensongère ou inexacte. Ces "lanceurs d'alerte"
bénéficient d'une protection. Les déclarations mensongères sont
punies de 3 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende (contre aucune peine
de prison et 30.000 euros actuellement).
Les ministres, parlementaires, principaux responsables d'exécutifs
locaux notamment doivent aussi remplir des déclarations d'activités et
d'intérêts (dont les activités professionnelles rémunérées, activités de
consultant, activités des conjoints, parents et enfants, etc.) remontant
jusqu'à cinq ans avant leur prise de fonctions, publiées sur le site de laHauteautorité.
Celle-ci est une autorité
administrative indépendante (AAI), dotée de pouvoirs d'auto-saisine et de
contrôle ainsi que d'une autonomie budgétaire. Elle est présidée par l'ancien
procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, dont le mandat non renouvelable est de six ans.
2. Son bilan
Depuis sa création, la Haute
Autorité a signalé à la justice plusieurs élus après avoir constaté des
anomalies dans leurs déclarations. C'est notamment le cas des époux Balkany, de
Serge Dassault, sénateur de Corbeil-Essonnes, de Yamina Benguigui, l'ancienne
ministre déléguée à la Francophonie et surtout du député socialiste Thomas
Thévenoud, éphémère secrétaire d'Etat au Commerce extérieur en 2014 et atteint
de "phobie administrative". Nommé
le 26 août 2014, celui-ci avait été contraint à démissionner 9 jours plus
tard, après la révélation de ses "problèmes de conformité" fiscaux.
La Direction générale des finances publiques a porté plainte contre lui le 1er
juin 2015 pour fraude fiscale.
D'après le premier rapport d'activité de laHaute
Autorité, "en tout, ce sont près de 18.000 déclarations (une même
personne peut faire plusieurs déclarations, voir graphique ci-dessous) qui ont
été reçues par laHauteautorité"
au cours de l'année 2014. Plus de 2.000 déclarations ont été rendues publiques.
En tout, ce sont trois
ministres et une dizaine de parlementaires qui ont fait l'objet d'un
signalement. A titre de comparaison, en 25 ans, l’ancienne commission pour
la transparence de la vie politique n’avait elle transmis que 19 dossiers et
aucun n’avait débouché sur une condamnation. Néanmoins, tous les cas ne sont
pas identiques: ainsi le Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le
Parlement, Jean-Marie Le Guen, a seulement fait l'objet d'une
"appréciation"sur sa déclaration de patrimoine qui
s'est réglé à l'amiable, l'intéressé acceptant de corriger les manquements mis
en lumière par les sages. Mais la plupart des observations ont fait l'objet
d'un signalement au procureur, comme le prévoit l'article 40 du code de
procédure pénale.
Récemment, le député (MoDem) de la Réunion, Thierry Robert, a par
exemple été autorisé à continuer d'exercer en parallèle ses fonctions dans
plusieurs sociétés immobilières après un signalement de la Haute autorité au président de l'Assemblée Nationale et à l'ex
ministre de la Justice Christiane Taubira.
C'est donc à la justice qu'il
revient désormais de poursuivre les investigations. Trois enquêtes
préliminaires ont ainsi été ouvertes à l'encontre de parlementaires Les
Républicainssoupçonnés d'avoir détenu des comptes en
Suisse.
Et la portée des décisions de la HATVP a également été confortée
fin décembre par le Conseil d'Etat. Le juge des référés du Palais Royal a
refusé "pour défaut d'urgence" de suspendre deux délibérations de laHauteAutorité relatives aux déclarations de
situation patrimoniale de Jean-Marie et Marine Le Pen. Quelques jours plus tôt,
la HauteAutorité avait annoncé avoir saisi le
parquet financier des déclarations de patrimoine des Le Pen, en raison de
la "sous-évaluation manifeste" de certains actifs. La présidente
du Front national avait fait un recours auprès du Conseil d'État pour contester
cette décision et son père avait dénoncé "le harcèlement des adversaires
du gouvernement et de l'establishment".
Les Français sont en tous cas
reconnaissant du travail de la Haute autorité. Un sondage YouGov
pour le Huffington Post et iTélé publié en novembre 2014 à l'occasion de
la mi-mandat deFrançois Hollandefaisait en effet de la HATVP la meilleure
mesure prise depuis le début du quinquennat.
3. Des pouvoirs accrus
Le contrôle de la Haute
autorité va de plus en plus loin. Pour la première fois en 2015, les
collaborateurs des ministres et les membres desautorités administratives indépendantes ont été
contrôlés par la Haute autorité. Et d’ici
le premier semestre 2016, les déclarations d'intérêts des élus départementaux,
communaux et des membres d’EPCI doivent aussi être publiées. "L'exercice de l'année dernière était hautement
symbolique, mais purement déclaratif, a d'ailleurs récemment confié Jean-Louis
Nadaldans un
entretien auMonde. Rien ne permettait d'attester la véracité
des déclarations. Là, pour la première fois, une autorité indépendante a
vérifié les informations déclarées par les plus hauts responsables
publics".
Mais le contrôle de la Haute
autorité devrait aussi prochainement concerner d'autres personnes que le
personnel politique. Le gouvernement a ainsi déposé à l'Assemblée nationale, le
17 juin dernier, une lettre rectificative au projet de loi relatif à la
déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires. Si elle est
définitivement adoptée, deux types d'agents publics seront concernés: certains
agents des trois fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière)
"dont la position hiérarchique ou la nature des fonctions le justifie"
et d'autres "en contact régulier avec les acteurs de la vie
économique".
Un projet de loi organique
déposé par le gouvernement au Sénat vise en plus à renforcer les règles
déontologiques applicables aux magistrats de l'ordre judiciaire. Ce texte,
adopté en première lecture par les sénateurs le 4 novembre dernier,
instaure l'obligation pour tous les magistrats de l'ordre judiciaire,
d'adresser une déclaration d'intérêts au président de leur juridiction ou au
chef de parquet, dans les deux mois de leur installation. Les plus hauts
magistrats de l'ordre judiciaire devront aussi déclarer leur situation
patrimoniale à la Haute autorité.
Autre disposition en attente
devant le Sénat, et qui pourrait marquer un véritable tournant: le droit pour
la HATVP d'aller mettre son nez dans les affaires des Tribunaux de Commerce,
exposés par nature à des conflits d'intérêts entre affaires privées et
rôle judiciaire. Leurs Présidents seraient soumis à l'obligation de
déclarer leurs intérêts. Et contraints de communiquer leurs éléments de
patrimoine.
Par rapport à ses débuts, la Haute autorité s'est
aussi nettement rapprochée de l'administration fiscale. "Nous avons noué un partenariat privilégié avec le
fisc, indique Jean-Louis Nadal. C'est essentiel, notamment pour détecter de possibles
avoirs à l'étranger".
4. Ce qui pourrait changer
Dans son rapport d'activité la
Haute autorité veut "permettre la pleine information du
Président de la République et du Premier ministre en cas de difficulté dans la
situation d'un membre du gouvernement ou d'une personne pressentie pour occuper
une telle fonction". Le rapport propose aussi de
"doter laHauteAutorité d'un droit de communication
propre et lui donner accès aux applications de l'administration fiscale lui
permettant de mener à bien ses contrôles".
Jean-Louis Nadal espère que la coordination avec le fisc pourra
s'améliorer, afin d'accélérer le processus de vérification des déclarations. Et
aimerait pouvoir accéder directement aux fichiers dont il a besoin. Comme il
aime à le dire, en matière de lutte contre la corruption, "il faut que
chaque wagon du train soit à sa place", et que l'exigence
"d'exemplarité" s'étende bien au-delà de la seule classe
politique.
A commencer par les lobbies.
Il demande au gouvernement de créer un
registre obligatoire où chaque représentant d’intérêts ferait régulièrement
figurer ses activités de lobbying, préciserait les budgets qui y sont alloués -
compris lorsque ce sont des avocats qui sont à la manœuvre - et les identités
des personnes qui les conduisent. Ce registre serait alors contrôlé par la
Haute autorité.
Notre avis:
Il est étonnant comme certains jours les actualités se télescope ( voir l'autre article de ce jour)
12 FÉVRIER 2016 | PARMICHEL DELÉANETMATHILDE MATHIEU
Le nouveau ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, a
choisi un directeur de cabinet dont l'épouse travaille avec François Pérol, le
banquier au cœur d'une des plus grosses affaires politico-financières du
quinquennat Sarkozy. Questionné sur ce conflit d'intérêts, le ministère a fait
savoir à Mediapart qu'il était d'ores et déjà résolu.
·Le nouveau ministre
de la justice va devoir ériger une muraille de Chine autour de son bras droit.
Jean-Jacques Urvoas s’est en effet choisi un directeur de cabinet, Thomas
Andrieu, dont l’épouse travaille avec François Pérol, l’ex-numéro deux de
Nicolas Sarkozy à l’Élysée devenu patron du groupe BPCE (Banques populaires-Caisses
d’épargne), soit le bénéficiaire d’un des plus spectaculaires pantouflages de
la République.« So
what ? », diront certains.
Il se trouve que François Pérol a comparu en septembre
dernier devant le tribunal correctionnel de Paris pour« prise illégale
d’intérêts », la justice lui reprochant d’avoir pris la tête de BPCE
en 2009 alors qu’il avait participé, depuis l’Élysée, aux négociations sur la
constitution du groupe bancaire. L’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy a
certes étérelaxé, mais le parquet national financier
(PNF), qui avait requisà l’audience deux ans de prison et l’interdiction
d’exercer tout emploi public, a immédiatement fait appel. En clair, la justice
n’en a pas terminé avec François Pérol, loin de là.
Parce que le dossier est emblématique pour le PNF (né en
2013 du scandale Cahuzac), il sera suivi comme le lait sur le feu par le
cabinet du ministre, susceptible de recevoir des informations clés (calendrier
du second procès, choix stratégiques du parquet général, composition de la cour
d’appel, etc.). Depuis 2013, la loi interdit certes au garde des Sceaux de
donner la moindre consigne aux procureurs dans des affaires individuelles, mais
ces derniers continuent de dépendre hiérarchiquement de leur ministre… Pour
Thomas Andrieu, dont l’épouse occupe précisément le poste dedirectrice générale adjointe au
comité de direction de BPCE, le conflit d’intérêts est donc évident.
Ou plutôt, il l’était.
Car le cabinet de Jean-Jacques Urvoas, questionné
mercredi 10 février par Mediapart, nous a fait savoir jeudi soir qu’une
décision venait d’être prise pour résoudre ce conflit d’intérêts : Thomas
Andrieu s’abstiendra de connaître de toute question qui toucherait au groupe
BPCE ou à l’un de ses dirigeants ; il ne devra accéder à aucune
information relative à de tels dossiers. En pratique, cela suppose que le
ministre et l’ensemble des conseillers prennent mille précautions, en réunion
de cabinet comme à la machine à café, pour le mettre hors circuit................
Intégralité de l'article sur abonnement à Médiapart.
La loi Sauvadet adoptée il y a quatre ans autorisait le travail à domicile dans la fonction publique. Le décret d'application vient d'être publié ce vendredi.
Trois après l'adoption de la loi, le décret d'applicaton est paru au Journal officiel : les fonctionnaires peuvent désormais demander à leur chef de service de travailler à domicile. ( AFP / LOIC VENANCE )
Comme les salariés du privé, les fonctionnaires pourront travailler partiellement à domicile.
Le décret qui a été publié vendredi 12 février au Journal officiel s'applique aux agents de la fonction publique d'État, hospitalière et territoriale ainsi qu'aux magistrats.
S'ils obtiennent l'accord de leur chef de service, les fonctionnaires qui le souhaitent pourront travailler depuis chez eux ou depuis d'autres locaux professionnels en utilisant "les technologies de l'information et de la communication" maximum trois jours par semaine.
Les agents doivent être présents sur leur lieu de travail habituel au moins deux jours dans la semaine.
Cette autorisation peut être délivrée pour un an maximum, renouvelable après entretien et avis de l'autorité hiérarchique compétente. L'administration ou l'agent pourra mettre fin à cette forme d'organisation du travail "à tout moment", moyennant un préavis de deux mois.
Le télétravail des fonctionnaires avait été introduit en 2012 dans le projet de loi destiné à réduire la précarité dans la fonction publique et vise à aider les agents contraints à changer de poste à avoir un meilleur équilibre "entre la vie professionnelle et la vie personnelle".
Le décret d'application de cette mesure de la loi Sauvadet n'est arrivé que quatre ans plus tard.
Dans le secteur privé, la loi ne fixe pas de maximum.
Cela est précisé dans les avenants obligatoires aux contrats de travail ou dans les éventuels accords d'entreprise.
Notre avis:
Maintenant que ce sujet a été accepté par la Direction comme thème prioritaire de négociation en NAO, nous comptons sur le dynamisme d'une nouvelle DRH (entité, pas personne: nous avons une nouvelle "secrétaire générale DRH Groupe", mais aussi un nouveau "DRH BPCE Sa") pour pouvoir boucler ce dossier, si revendiqué par les salariés.
Très investies dans la recherche de talents, les entreprises ne s’intéressent pas assez à ce qui se passe ensuite dans les équipes. Or des conflits se développent, constate l'Omig. D'où l'intérêt de prendre en compte les attentes des différentes classes d’âge.
par Hélène Truffaut 08/02/2016 Entreprise & Carrières
« Les salariés seniors français sont parmi les moins heureux d’Europe » - 28/09/2015
Ce que les jeunes disent du travail - 07/04/2015
Les accords sur le contrat de génération manquent d'ambition - 01/12/2014
Le numérique transforme les entreprises, les carrières sont de moins en moins linéaires et la “séniorité” se fait de plus en plus tardive. Pour Catherine Tripon, le contexte nécessite de « repenser le travail pour tous les métiers, sans opposer les générations ». Une évidence pour la directrice développement, RSE et diversité de la Fondation agir contre l’exclusion (Face), qui organisait, le 5 février, une rencontre afin de présenter l’ouvrage de Carole Gadet, chargée des projets intergénérationnels au ministère de l’Éducation nationale* : Faire travailler les générations ensemble, publié en avril 2015 aux Presses du Châtelet.
165 entreprises. L’occasion également, pour l’Observatoire du management intergénérationnel (Omig), de dévoiler les résultats de sa 6e enquête sur “l’intergénérationnel : quels enjeux et quels bénéfices pour votre entreprise ?” Reposant sur les réponses de managers et de collaborateurs familiers de l’Observatoire issus de 165 entreprises, elle fait état notamment d’une progression des conflits intergénérationnels, confirmant une tendance déjà observée l’année dernière. Ils existent dans 58 % des entreprises (55 % un peu, 3 % beaucoup), selon l’ensemble de l’échantillon ; cette part dépassant 70 % (62 % un peu, 9 % beaucoup) chez les répondants de moins de 35 ans. Des conflits qui, considèrent les plus jeunes, se développent dans 78 % des cas (66 % un peu, 12 % beaucoup). D’ailleurs, si près de la moitié des sondés (46 %) jugent que leur entreprise a fait de réels efforts pour combler le fossé existant, ils sont autant à penser le contraire.
Une préoccupation croissante. « Dans les organisations qui agissent pour mieux connecter les générations, les conflits sont relativement maîtrisés, mais ils empirent ailleurs, commente Marc Raynaud, président fondateur de l’Omig. Et les jeunes sont bien plus conscients des problèmes que leur hiérarchie. » Le fait que, selon 56 % des répondants, les managers ne sont pas du tout formés au management intergénérationnel n’est sans doute pas étranger au phénomène. L’enquête montre que cette question des générations est une préoccupation croissante. C’est un « réel sujet » dans 69 % des entreprises, pris très au sérieux par les directions générales pour 21 % de l’ensemble des répondants (mais pour 12 % seulement des plus jeunes !), 59 % faisant état d’un intérêt modéré. « L’important, c’est qu’on en parle, soutient Marc Raynaud. À l’instar de l’interculturel qui, durant des années, n’était pas un “sujet” avant que l’on se décide à faire quelque chose. »
Garder motivée la génération X. L’enjeu désormais le plus critique pour les entreprises ? Attirer les talents (21 % des sondés), devant l’accélération de l’évolution des compétences, à égalité avec la transmission des savoirs qui, lors des éditions précédentes du baromètre Omig, était la préoccupation première. Sur ce point, le contrat de génération a peut-être joué un rôle, même si la situation demeure contrastée : un quart des répondants déclarent, en effet, que la préservation et la transmission des savoirs sont bien assurées, 60 % estiment que c’est « un peu » le cas. Près d’un manager sur deux (46 %) déclare savoir tirer correctement parti des différences de génération dans son équipe. En phase avec l’ensemble de l’échantillon sur l’importance de capter les talents (voir l’infographie ci-dessous), sans surprise, les plus jeunes sont moins intéressés par l’évolution des compétences mais, étonnamment, se sentent davantage concernés par le fait de garder motivée la génération X, dont fait certainement partie leur manager…
Les pratiques RH n'évoluent pas. Recruter des jeunes est une chose. Encore faudrait-il que les entreprises sachent s’en occuper. Or seulement un quart des moins de 35 ans se disent très satisfaits de ce que l’entreprise leur propose. Dans 10 % des cas seulement, les entreprises modifient vraiment leur politique RH pour intégrer les souhaits des différentes générations, 34 % des sondés estimant que ce n’est pas du tout le cas. Les moins de 35 ans ont un avis beaucoup plus tranché, estimant à 56 % que les entreprises ne changent pas leur politique RH d’un iota à l’égard de cette problématique. De fait, « toutes les décisions sont prises par des anciens. Les pratiques d’intégration, de rémunération, de gestion de carrière, etc. n’évoluent pas, et les jeunes de 25 ans ne sont jamais associés aux discussions », constate Marc Raynaud. Les seniors ne sont pas mieux lotis, puisque seuls 14 % des répondants pensent que leur organisation s’efforce d’adapter les conditions de travail à l’allongement des parcours (52 % : un peu).
Attentes et comportements différents. L’enquête met, quoi qu’il en soit, en évidence les principaux bénéfices d’une meilleure coopération intergénérationnelle : l’ensemble des répondants citent d’abord, à 43 %, une satisfaction de toutes les générations. Cette coopération favorise aussi la créativité pour l’innovation (42 %) et la modernisation des méthodes de travail (36 %) – ce dernier axe est cité par près de 60 % des moins de 35 ans, devant la créativité (50 %) ! De quoi faire réfléchir les entreprises, alors que les managers se retrouvent aujourd’hui à coordonner des équipes composées de baby-boomers (1946-1964), de X (1965-1979), de Y (1980-1994), et maintenant de Z ! Des populations « qui ont parfois un demi-siècle d’écart, avec une formation, une mentalité, des attentes et des comportements différents », rappelle Carole Gadet. Pour qui l’approche intergénérationnelle du management s’avère incontournable. Hélène Truffaut
*Experte en projets intergénérationnels, elle a fondé l’association Ensemble demain.