4 juillet 2018

Attention, votre smartphone Samsung enverrait des photos à vos contacts sans autorisation




PAR ANDREA MORALI Mis à jour le 04/07/2018 à 10:00 Publié le 04/07/2018 à 09:59

Un bug un peu gênant... Depuis une nouvelle mise à jour, des galeries entières de photos auraient été transmises à des contacts sans autorisation et sans laisser de traces. Les équipes de Samsung se penchent actuellement sur le problème.
Un soucis peu banal et assez ennuyeux.
De nombreux utilisateurs de smartphones Samsung Galaxy se sont plaint de leur messagerie SMS/MMS. La raison? Leur téléphone enverrait leurs photos à des contacts choisis au hasard.
EN PLEIN SOMMEIL, SON TÉLÉPHONE ENVOIE DES PHOTOS À SA COPINE
"Mon Samsung Galaxy S9+ a envoyé à ma petite amie la totalité de ma galerie photos la nuit dernière, pendant que je dormais" a par exemple alerté un utilisateur sur Reddit.
Un autre, témoigne aussi de sa mésaventure: "Celui de ma femme a fait la même chose la nuit dernière et le mien la nuit d’avant. Je pense que cela a quelque chose à voir avec la mise à jour de la messagerie de Samsung dans Galaxy Store." 
AUCUNE TRACE DANS LE JOURNAL DES MESSAGES
Le problème est pour l'instant surtout localisé aux Etats-Unis. Et selon les victimes américaines, leur smartphone auraient envoyé les photos sans leur accord via l'application Samsung Messages, installée par défaut.
Par ailleurs, et c'est l'un des problèmes les plus inquiétants dans cette affaire, il est difficile de repérer le bug. Il semblerait en effet qu'il ne laisse aucune trace dans le journal des messages. Les utilisateurs ne peuvent donc découvrir la faille qu'après avoir reçu une réponse des destinataires. 
SAMSUNG "ÉTUDIE" LE PROBLÈME 

Contactée par le site spécialisé américain The Verge, une porte parole de la firme coréenne a confirmé que son entreprise est "au courant des rapports" d'utilisateurs et que ses équipes techniques "étudient" actuellement le problème.
Plusieurs modèles seraient actuellement concernés comme le Galaxy S9 et S9+ ou le Galaxy Note 8.
COMMENT ÉVITER LE BUG
Pour éviter le bug, il est toujours possible de retirer l'accès de Samsung Messages à sa galerie photos (Paramètres - Applications - Samsung Messages - Permissions - Désactiver l'accès au stockage) ou d'utiliser d'autres applications de messagerie comme Facebook Messenger (qui peut également gérer les SMS/MMS). 

2 juillet 2018

A la Société Générale, « 75% des salariés vont changer de job dans les 5 ans »


 La Tribune
Par Delphine Cuny  |  02/07/2018, 6:30  |  903  mots


« Il n’y aura plus de caisses dans les agences dans 5 ans » prédit le directeur de la banque de détail en France, Laurent Goutard. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)Le groupe, qui réduit son réseau d'agences et ses effectifs dans la banque de détail, lance un dispositif d'accompagnement des salariés et de montée en compétence, « Mon job 2020 », pour « maintenir l'ascenseur social ». Le directeur de la banque de détail en France, Laurent Goutard, indique qu’il n’y aura « plus de caisse en agence dans 5 ans. »


Huit mois après avoir annoncé une nouvelle réorganisation, avec 900 suppressions de postes supplémentaires (soit 3.450 prévues entre 2016 et 2020) et plus de fermetures d'agences en France, la Société Générale veut montrer que son plan stratégique « Transform to grow » ne s'effectue pas au détriment des salariés. La banque de La Défense a présenté vendredi son dispositif d'accompagnement des collaborateurs « Mon job 2020 » destiné à accroître la mobilité, développer leurs compétences et l'expertise, dans le but de rendre un meilleur service au client.
Testé auprès de 3.000 personnes, ce dispositif, qui s'inscrit dans le cadre d'un accord signé le 1er mars dernier avec trois organisations syndicales majoritaires et entré en vigueur au 1er juin, est désormais étendu aux 20.000 employés travaillant pour la banque de détail dans l'Hexagone : auto-diagnostic en ligne des compétences et outil de ressources humaines utilisant l'intelligence artificielle pour proposer des parcours professionnels individualisés et des formations, en cours classique ou à distance.
En amont, une cartographie des compétences et des métiers de demain a été élaborée dans une démarche « participative » ayant associé 400 salariés, du directeur d'agence au conseiller particuliers ou entreprises, en passant par les analystes de crédit, afin d'anticiper l'impact du numérique et de la baisse continue de fréquentation des agences.
« On estime que les trois quarts des collaborateurs vont changer de job dans les cinq ans » a déclaré Laurent Goutard, le responsable de la banque de détail en France lors d'une présentation à la presse.
« Soit leur métier va disparaître, comme les chargés d'accueil ou les caissiers, soit il subsistera mais en évoluant fortement, comme celui de directeur d'agence » a-t-il précisé, en prédisant que « dans cinq ans, il n'y aura plus de caisse en agence. »

Aplatissement de la pyramide managériale

La banque emploie aujourd'hui encore 1.500 personnes à des postes de caissiers ou chargés d'accueil, mais « n'en recrute plus depuis deux ou trois ans » pour ses 2.000 agences, qui seront ramenées au nombre de 1.700 dans deux ans. Les caisses sont surtout utilisées par les commerçants, mais l'essor des paiements par carte, notamment sans contact pour les petits montants au détriment des espèces, les rend moins nécessaires. De nombreuses opérations, dont les dépôts d'espèces, peuvent être réalisées depuis les guichets automatiques.
« Tous les collaborateurs ont leur place, c'est notre promesse sociale » a fait valoir Laurent Goutard. « Il y a un peu moins d'opportunités avec l'aplatissement de la pyramide managériale et la suppression du nombre de niveaux hiérarchiques, des perspectives de carrière différentes, mais nous voulons maintenir l'ascenseur social. » Et d'ajouter : « Il faut conserver des passerelles, mais lutter contre la tendance au zapping, laisser les conseillers un peu plus longtemps en poste. »
Les mobilités sont déjà très importantes, de l'ordre de 5.000, géographiques ou fonctionnelles, par an, avec de fortes disparités, notamment un important turnover en région parisienne, où les banques se livrent une rude concurrence sur les profils tels que les directeurs d'agences. D'autres bassins d'emploi sont moins dynamiques. 

Si les salariés ont montré de l'appétence pour l'auto-diagnostic, il y a « des réticences au partage des résultats avec les managers, qui peut être anxiogène » a constaté Anne-Claire Charrois, responsable de la transformation dans le Nord de la France, tout juste promue directrice régionale Dunkerque Côte d'Opale.
« Il n'y a toutefois pas de remise en cause du bien-fondé de la transformation : les gens en agence voient bien les changements d'attente et d'usages » a-t-elle affirmé.

Rupture conventionnelle collective

La restructuration concerne aussi le back-office : six centres de traitement sur 20 sont en train de fermer, à Rouen, Caen, Nancy, Grenoble, Nice et Paris (Jemmapes), alors que la banque veut automatiser 80% des processus internes entre agences et back-office d'ici à 2020.
« Les fermetures se passent bien, il n'y a pas de grève ni de problème particulier » a assuré le directeur des ressources humaines de la banque de détail en France, Stéphane Dubois. « Et nous avons fait le choix de continuer à recruter, un peu de plus de 600 personnes cette année, de tout âge, plutôt diplômés et experts », à comparer à plus de 2.000 embauches en 2015.

L'accord signé avec les syndicats exclut tout licenciement économique et donne la priorité au reclassement interne (formations, primes à la mobilité géographique), mais prévoit aussi la possibilité de passer par une rupture conventionnelle collective, dans le cadre d'un projet personnel ou d'un aménagement de fin de carrière notamment. Environ 200 personnes sont éligibles à ce dispositif dont sont écartées toutes les expertises (conseillers entreprises ou patrimoniaux par exemple), tout comme les postes en région parisienne, sauf caissiers et chargés d'accueil, qui relèvent d'un autre accord social de transition d'activité. Selon le DRH, il n'y a « pas d'exode massif » depuis début juin : « une trentaine de personnes ont levé la main. »

Alors que les métiers de banque sont à l'aube d'une profonde transformation, notamment sous l'effet du numérique, le baromètre interne a montré que les salariés s'interrogent sur leur avenir. Autre signe de perte de repères, ou de confiance : 50% des employés quittant la Société Générale ne restent pas dans le secteur bancaire. « C'est nouveau » reconnaît Stéphane Dubois.



Notre avis:

Entre fermetures d'établissements, restructurations permanentes et baisses des effectifs, la Banque est un secteur qui ne fait plus rêver !

29 juin 2018

Ce patron offre près de 2 millions d’euros à ses salariés



>Économie |Yves Fossey|28 juin 2018, 20h07|MAJ : 28 juin 2018, 23h14|32

François Gourdon, le président fondateur d’Environnement SA bientôt renommée Envea, fait un geste pour célébrer les 40 ans de l’entreprise spécialisée dans la surveillance de la qualité de l’air.
Un joli cadeau d’anniversaire. « Pour marquer les 40 ans de l’entreprise, j’annonce une surprise à tous les salariés. Ils recevront chacun 40 actions gratuites, soit environ 3000 euros », explique François Gourdon, le président fondateur de la société Environnement SA, qui a fait l’annonce de ce « cadeau » ce jeudi soir, lors de la cérémonie d’anniversaire organisée dans un club privé parisien de la place de la Concorde (VIIIe arrondissement).
Près de 600 personnes, dont 180 travaillent au siège social, implanté à Poissy (Yvelines), et les autres réparties dans le monde entier dans des filiales notamment en Inde, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Chine vont profiter de ce bonus.


« Je fais ce geste pour fédérer et renforcer encore le sentiment d’appartenance au groupe, insiste François Gourdon. Tout le monde bénéficie du même montant, quelle que soit la fonction et l’ancienneté ». En comptant les charges, une enveloppe de 3 millions d’euros a été spécialement prévue à cet effet.................................

28 juin 2018

Immobilier : pourquoi le Crédit Foncier va disparaître




A LA UNE SUD OUEST ÉCO
Publié le 27/06/2018 à 14h08 par SudOuest.fr avec Afp.

AFP
Faute de rentabilité suffisante, le Crédit Foncier va fermer, absorbé par sa maison mère, le groupe mutualiste BPCE. Toutes ses activités seront déployées dans les entités de BPCE et ses 2400 salariés se verront proposer des reclassements
Après 166 ans d’existence, le Crédit Foncier va être absorbé par sa maison mère, le groupe mutualiste BPCE, réunion des Banques populaires et des Caisses d’épargne. Le spécialiste historique du crédit immobilier qui a vu ses performances freinées par la vague de renégociation des crédits immobiliers ces dernières années, dans un contexte de taux faibles, n’est plus assez rentable.
" Le modèle d’établissement spécialisé sur le seul segment du financement immobilier n’est plus adapté, ni compétitif, principalement en raison d’une absence de bancarisation des clients et d’un refinancement exclusif sur les marchés financiers", explique BPCE  dans un communiqué. "Les compétences et les expertises du Crédit Foncier seront intégrées aux savoir-faire des Banques Populaires et des Caisses d’Épargne dans les territoires et de Natixis, de Banque Palatine et de BPCE SA", précise le groupe mutualiste.
Première décision de Laurent Mignon
Cette décision est le premier acte marquant du nouveau président du directoire de BPCE,Laurent Mignon, entré en fonction le 1er juin, après le départ de son prédécesseur François Pérol.
La disparition de cette figure historique du paysage immobilier français n’est toutefois pas une surprise pour les acteurs du secteur. "Le modèle du Crédit Foncier est mort depuis 15 ans: c’est une entreprise qui ne gagne plus d’argent. Dans le monde actuel, je comprends parfaitement la décision de Laurent Mignon. François Pérol ne l’a pas fait parce que le Crédit Foncier est une très vieille maison, extrêmement syndiqué", confie un acteur  du secteur sous couvert d’anonymat.
Des reclassements seront proposés aux 2400 salariés
Sur le volet social, les salariés du Crédit Foncier (2.400 personnes) se verront proposer des offres de reclassement dans l’une des entités du groupe sur des postes "de même nature, à classification équivalente et dans le même bassin d’emploi", précise le groupe. Un plan de formation personnalisé sera mis en place sur plusieurs années. 

Des départs pourront se faire également "sur la base du volontariat" dans le cadre d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), souligne le groupe sans autre précision. Les syndicats sont sceptiques sur les possibilités de reclassement interne "parce que les Banques populaires et les Caisses d’Épargne ont déjà dégraissé énormément leurs effectifs".


Un commentaire  dans SUD OUEST, suite à l'article.

Yvon Anchiez 
 Ils ne vont pas faire long feu , avec la pression qu'ils vont leur mettre pour les éjecter .
c'est toujours comme ça que ça se passe .

27 juin 2018

Taxation des CDD: pourquoi ça coince ?







 Par Tiphaine Thuillier, publié le 25/06/2018 à 17:35 , mis à jour à 18:27





La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, assure qu'elle va mettre en place un système de taxation des CDD de courte durée si les branches ne le font pas.

La mise en place d'un système pénalisant les entreprises qui abusent des contrats courts fait débat. Et tarde à voir le jour.
  • L'éternel sujet du bonus-malus a déboulé dans le débat au coeur d'un week-end estival. Dimanche 24 juin, Jean Tirole, prix Nobel d'Economie, a défendu dans une interview au Journal du Dimanche, l'instauration d'un mécanisme de bonus-malus sur les contrats courts. Un avis partagé quelques heures plus tard par Bruno le Maire, ministre de l'Economie, qui s'est dit "prêt à travailler à l'un de ses dispositifs".  

Lundi 25 au matin, c'est Muriel Pénicaud elle-même qui a assuré que la France avait "trop recours aux contrats précaires". "Il n'y a pas de raison que ceux qui ont les politiques d'emploi les plus vertueuses payent pour celles qui remettent indéfiniment les demandeurs d'emploi au chômage", a menacé la ministre du Travail, qui renvoie toute décision concrète à la fin 2018, date à laquelle les partenaires sociaux doivent s'être accordés sur la question. 
  • L'idée de taxer les entreprises qui ne recrutent qu'en contrat de courte durée est sur la table depuis des années. Syndicats et politiques débattent régulièrement de la nécessité d'enrayer la croissance des emplois de courte de durée en frappant les entreprises au portefeuille. Il y a cinq ans, une tentative de malus avait été instaurée sur les CDD inférieurs à trois mois. Mais le dispositif a été rapidement vidé de sa substance. 

Le projet de loi avenir professionnel, examiné et adopté par les députés le 20 juin, s'est à nouveau attaqué à ce problème. Un amendement de la majorité, adopté in extremis, contraint même le gouvernement à mettre en place un système coercitif. Problème: Matignon y serait opposé...  
Bref, rien n'est réglé et la question n'a pas fini d'alimenter les débats. Voici quelques éléments d'explication.  
  • A quoi servirait un bonus-malus ?

Les chiffres le montrent: la France a un problème avec les contrats courts. Les entreprises qui embauchent ne privilégient plus que les CDD. Une étude du ministère du Travail publiée le 21 juin a confirmé le constat partagé depuis de nombreuses années: l'entrée dans le monde du travail ne se fait plus que par petites bribes. En 2017, sur 100 embauches, 86 l'ont été en CDD. Et ces contrats sont de plus en plus courts. 83% des CDD signés sont inférieurs à un mois. Il y a vingt ans, en 1998, ces micro contrats représentaient 57% des contrats. Pour enrayer cette mécanique qui coûte cher à l'assurance-chômage (entre deux contrats, les salariés sont indemnisés par l'assurance-chômage), des sanctions sont envisagées.  
Les défenseurs d'une action coup de poing reprennent souvent l'image du "pollueur-payeur". Ce principe adopté par l'OCDE en 1972 concerne les entreprises dont les activités ont des effets négatifs sur l'environnement. Mais il s'étend plus largement à l'idée de responsabilité afin que chaque acteur assume les conséquences économiques de ses actes. Jean Tirole ne dit pas autre chose dans le JDD. "Dans le financement actuel de l'assurance chômage, les entreprises qui gardent leurs salariés paient pour celles qui licencient, explique l'économiste. N'en déplaise au Medef, qui s'oppose à l'idée d'un bonus-malus, il faut appliquer ce principe du pollueur-payeur au marché du travail."  
Certains secteurs comme l'hôtellerie-restauration, les arts et spectacles, l'édition et l'audiovisuel, sont particulièrement dans le viseur. Parce qu'ils changent régulièrement leur main d'oeuvre, ils génèrent des coûts supplémentaires pour l'Unédic et devraient payer davantage de cotisations. 
Le député LREM Aurélien Taché a déposé un amendement le 20 juin dernier, adopté par ses camarades, pour contraindre le gouvernement à mettre en place le bonus-malus. Sur son blog, il explique: "Une modulation à la hausse des cotisations est très rapidement dés-incitative, tandis qu'une modulation à la baisse permet d'encourager les employeurs qui font le choix de l'emploi de qualité, celui qui donne plus de stabilité aux salariés", détaille le député.  
  • Qu'est ce qui coince ?

Sur le papier, donc, la logique est assez simple. Mais elle ne plait pas à tout le monde, notamment au patronat. Pour le Medef, les entreprises gourmandes en CDD ne le font pas exprès. "Prenez un traiteur dans l'événementiel, illustrait Alexandre Saubot, déjà négociateur Medef pour la dernière convention d'assurance chômage. S'il a besoin de serveurs uniquement pour des opérations le mardi, le vendredi et le dimanche, il va, en toute logique, recourir à un contrat journalier à chaque fois", expliquait à l'Express, Alexande Saubot négociateur patronal pour les questions d'assurance chômage et en lice pour succéder à Pierre Gattaz.  
D'autres voix, comme celle de Bruno Le Maire, pourtant favorable au bonus malus, souhaitent néanmoins qu'il ne s'applique pas aux plus petites entreprises.  
Le gouvernement aurait pu inscrire clairement le principe dans le projet de loi avenir professionnel, mais il ne l'a pas encore fait. Pour le moment, il renvoie aux discussions au sein des branches et se réserve le droit de tout changer en cas d'échec des discussions fin 2018. Il souhaite surtout que de nouvelles contraintes pèsent sur les salariés qui cumulent salaire et allocations chômage. Des règles déjà revues l'an dernier et dont les montants versés n'évoluent pas.  
  • Sera-t-il vraiment mis en place ?

Pour l'instant, personne ne se précipite. "Si les partenaires sociaux n'ont pas trouvé une solution d'ici la fin de l'année, à ce moment-là, l'Etat pourra modifier par décret les règles pour les employeurs et les salariés", a assuré Muriel Pénicaud lundi 25 juin. Rendez-vous fin 2018, donc, pour une éventuelle décision. Les chances que les discussions au sein des branches capotent sont réelles.  
"Il y a peut-être quelques doutes sur le fait de savoir si toutes les branches professionnelles se sont emparées du sujet. Elles ont intérêt à le faire", prévient le député Aurélien Taché. Son amendement, qui a de bonnes chances de rester dans le texte même après son passage au Sénat, a des allures de coup de pression.  
Pour que la main de l'exécutif ne tremble pas, la proposition lie clairement les deux volets (cotisation des employeurs et cumul des salariés). Pour Aurélien Taché, interrogé dans les Echos, "les entreprises ont aussi leur part de responsabilité quand on sait que les deux tiers des CDD de moins d'un mois se font dans le cadre d'une relation durable avec le salarié [qui fait des "va-et-vient" entre Pôle emploi et son entreprise]. 
Le message politique de la majorité est clair pour qu'il n'y ait pas d'hésitations du gouvernement sur cette question de bonus-malus". Quitte à lui tordre le bras? 

26 juin 2018

Un trader français a pris une position cumulée de 6,6 milliards de dollars


·         Par  Le Figaro.fr avec Reuters 

·         Mis à jour le 25/06/2018 à 12:53 

·         Publié le 25/06/2018 à 07:03

Un trader français, agissant pour son propre compte, a pris une position cumulée de 6,6 milliards de dollars sur des contrats à terme sur des indices actions, alors que son compte n'excédait pas 20.000 euros, sans que cela n'alerte personne dix ans après l'affaire Kerviel.

Le jeudi 29 juin 2017, Harouna Traoré, 41 ans, a détenu une position acheteuse de 43.941 contrats futures sur le S&P 500, soit une exposition nette de 5,3 milliards de dollars, et de 34.388 contrats futures sur l'EuroStoxx 50, soit une exposition nette de 1,2 milliard d'euros, des ordres passés via le courtier britannique Valbury Capital, selon des relevés de trading vus par Reuters.

Harouna Traoré, qui commençait tout juste sa carrière de trader après avoir fini une formation de huit semaines, prend d'abord position sur les contrats futures EuroStoxx 50 alors que le marché actions est en baisse ce jour-là. Il clôt progressivement ses positions avant la clôture de l'indice européen à 17h30. Son compte affiche alors une perte de 2,4 millions d'euros.
Il décide ensuite de négocier sur les contrats futures S&P 500 et parvient à terminer la journée sur un gain de 13,6 millions de dollars grâce à un retournement de marché. A la fin de la journée, son solde créditeur est de près de 11 millions de dollars.
Dans un document transmis à la justice qu'a pu obtenir Reuters, Harouna Traoré indique avoir commencé ce matin-là à trader chez Krechendo, une trading arcade présente en France basée sur le modèle des salles de marché londoniennes.

Aux alentours de midi, il clôture ses positions et décide de rentrer chez lui afin de s'entraîner sur une version en simulation de la plateforme de trading X Trader de Valbury avant de réaliser que ses ordres, et sa perte de plus d'un million d'euros sur cette plateforme, étaient bien réels.

"J'ai pensé que ma vie était finie. Je me suis dit comment je vais faire pour rembourser tout ça ?", a expliqué Harouna Traoré à Reuters.
Il décide de continuer à trader dans ce qui s'est avéré être une tentative réussie pour combler ses pertes.
Choqué
Le lendemain, il reste chez lui. "J'étais trop choqué", se rappelle-t-il.
Comme à l'habitude, Harouna Traoré reçoit le vendredi de la part de Valbury son relevé de compte, qui recense tous les ordres passés la journée précédente. Il n'a aucun contact avec le courtier avant qu'il ne se décide à l'appeler le lundi suivant pour expliquer ce qui s'est passé.

En juillet, Valbury indique à Harouna Traoré avoir ouvert une "enquête officielle" et gelé son compte. Trois semaines plus tard, le broker conclut que le trader a agi en violation du contrat qui les lie, annule les transactions et gèle le versement des gains réalisés par Harouna Traoré lors de sa folle journée de trading.
Le 10 janvier 2018, le trader français assigne en justice Valbury devant le Tribunal de grande instance de Pontoise pour récupérer ses gains.

Selon un courriel vu par Reuters envoyé par Valbury à Harouna Traoré, le trader français disposait d'un compte de 20.000 euros avec une limite de 10 contrats par jour.

La valeur d'un contrat future EuroStoxx 50 est actuellement d'environ 34.000 euros (un point sur l'indice vaut 10 euros) et de 137.500 dollars pour un contrat future S&P 500 (50 dollars le point).

"Je confirme qu'il y avait une limite contractuelle sur le compte", a indiqué Robert Falkner, avocat au sein du cabinet Reed Smith à Londres qui représente Valbury Capital, interrogé sur la présence de limites de passage d'ordres sur le compte de Harouna Traoré. Il n'a pas souhaité faire plus de commentaires dans ce dossier.
Mais selon les paramètres de risque sur le compte d'Harouna Traoré, dont Reuters a pu consulter une capture d'écran, il est indiqué que le crédit utilisateur est "illimité".

"Il y a eu une erreur sur le compte", explique à Reuters Tarek Elmarhri, fondateur de Krechendo Trading, qui est averti le lundi par Harouna Traoré des positions folles prises quelques jours avant par le trader.

Cela signifie que Harouna Traoré "pouvait acheter un montant de contrats illimités sur son compte de trading de 20.000 euros", ajoute-t-il.

Harouna Traoré aurait pu perdre entre 100 et 200 millions d'euros si le marché avait baissé de l'ordre de 3% à 4%, explique Tarek Elmarhri.
Harouna Traoré a démenti catégoriquement à Reuters les affirmations selon lesquelles il s'était aperçu quelques jours avant de l'absence de limites de son contrat et qu'il était parfaitement au courant dès le départ qu'il tradait le 29 juin en plateforme en temps réel afin de se "refaire" d'une perte accusée dans la matinée.

Selon plusieurs sources, il accusait un déficit de 900 euros à l'issue de sa session de trading chez Krechendo.
"Un nouveau Kerviel"

Le montant substantiel de contrats négociés par Harouna Traoré, plusieurs milliers sur les contrats futures, est démesuré par rapport au nombre d'ordres qu'est habituellement autorisé à passer quotidiennement un trader, ce qui interroge sur l'absence d'alertes et la gestion du risque dans l'industrie financière dix ans après le scandale Kerviel, qui s'était soldé par une perte de 4,9 milliards d'euros pour la Société générale.

"Je ne comprends même pas comment un courtier en ligne peut autoriser des clients à passer des ordres pareils, avec des montants pareils, ça devrait automatiquement être bloqué", s'étonne Jérôme Legras, responsable de la recherche chez Axiom Alternative Investments, un fonds qui investit dans des actions et obligations de l'industrie financière.

"Beaucoup a été fait en termes de contrôle" depuis la crise financière, ajoute Jérôme Legras qui travaillait dans la division de financements structurés chez Société générale à l'époque du scandale Kerviel en 2008.

Selon Tarek Elmarhri, c'est parce que Harouna Traoré est parvenu à finir sur un gain et qu'il a clos ses positions avant la clôture du marché - ce qui n'a pas déclenché d'appels de marge - que son trading est passé inaperçu jusqu'au lundi.

"Cela pourrait se reproduire encore, la réglementation actuelle n'est pas efficace", prévient Tarek Elmarhri évoquant la mise en oeuvre de MiFid II en début d'année. "On pourrait avoir un nouveau Jérôme Kerviel comme on pourrait avoir un nouveau trader fou".

La FCA, l'autorité britannique de régulation financière, n'a pas souhaité faire de commentaires, tandis que l'AMF a indiqué qu'elle ne commentait pas les dossiers particuliers.


Selon son profil LinkedIn, Harouna Traoré a travaillé de 2013 à 2017 pour Thomson Reuters, la maison mère de Reuter.


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