Loi
Travail définitivement adoptée (articles 8 et 12)
le décret sur le
défenseur syndical est publié
Le défenseur syndical, nouveau représentant des salariés et des
employeurs créé par la loi Macron, va voir le jour, le dernier décret
nécessaire à sa prise de fonction étant paru au Journal officiel du 20 juillet
2016. Ce texte définit les conditions selon lesquelles sont établies les listes
de défenseurs syndicaux en matière prud’homale ainsi que les conditions
d’exercice de la mission.
Documents associés : D. nº 2016-975 du 18 juill. 2016
(modalités d'établissement de listes, à l'exercice et à la formation des
défenseurs syndicaux intervenant en matière prud'homale)
Créé par la loi Macron du 6 août 2015
, le
défenseur
syndical exerce des fonctions d’assistance ou de représentation devant
les conseils de prud’hommes et les cours d’appel en matière prud’homale. Il est
inscrit sur une
liste arrêtée par le préfet
de région. Un
décret publié au
JO du 20 juillet fixe
les
conditions d’établissement de ces
listes et
celles
d’exercice de la
mission, notamment
les modalités d’information de l’employeur en cas d’absence liée à une
formation. Rappelons qu’en application du décret nº 2016-660 du 20 mai 2016
,
la
représentation par un défenseur syndical ou un avocat
devient
obligatoire en appel pour les instances et appels
introduits à compter du
1er août 2016.
Établissement de la liste des défenseurs syndicaux
La liste des défenseurs syndicaux est établie par le
Direccte, sur
proposition des
organisations d’employeurs et de salariés
représentatives au niveau national et interprofessionnel, national et
multiprofessionnel ou dans au moins une branche. Ces dernières désignent des
défenseurs au
niveau régional en fonction, précise le décret,
de leur expérience, des relations professionnelles et de leurs connaissances du
droit social. Le défenseur est inscrit sur la liste de la région de son
domicile ou du lieu d’exercice de son activité professionnelle.
Dans
chaque région, le
préfet arrête la
liste
des défenseurs syndicaux. Celle-ci comporte notamment les nom, prénom,
profession du défenseur, le nom de l’organisation syndicale ou professionnelle
qui le propose et, au choix de cette organisation, les coordonnées de l’organisation
ou celles des intéressés.
Publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de région, la
liste est
tenue à la
disposition du
public
à la
Direccte, dans chaque
conseil de prud’hommes
et dans les
cours d’appel de la région.
Liste révisée tous les quatre ans
Selon le décret, la liste est
révisée tous les
quatre
ans. Elle peut être
modifiée, par ajout ou retrait,
à
tout moment. Le
retrait d’une personne est opéré à la
demande des organisations ayant proposé son inscription ou à l’initiative de
l’autorité administrative.
Autre précision du décret : l’
absence d’exercice de la
mission pendant
un an entraîne le
retrait d’office
de la liste (sauf à justifier d’un motif légitime).
Le
préfet de région peut
radier le
défenseur qui manque à ses obligations de secret professionnel et de
confidentialité. Il le radie d’office en cas de défaut d’exercice de sa
fonction à titre gratuit.
Conditions d’exercice de la fonction
Ainsi, souligne le décret du 18 juillet 2016, les défenseurs syndicaux
exercent leurs
fonctions à titre gratuit.
Autre précision : les
conditions générales d’exercice des
fonctions de défenseur syndical sont
précisées par l’
organisation
qui propose l’inscription et portées à la connaissance de l’autorité
administrative.
L’inscription sur la liste permet l’exercice de la fonction de défenseur
syndical dans le
ressort des
cours d’appel de
la
région. Toutefois, lorsqu’il a assisté ou représenté la
partie appelante ou intimée en première instance, le défenseur syndical peut
continuer à assister ou représenter celle-ci devant une cour d’appel qui a son
siège dans une autre région.
Signalons que le décret sur les modalités de l’indemnisation du défenseur
syndical exerçant son activité professionnelle en dehors de tout établissement
ou dépendant de plusieurs employeurs n’est toujours pas paru.
Modalités d’information de l’employeur
Il revient au
Direccte d’
informer
l’employeur du salarié inscrit, de l’acquisition et du retrait de la qualité de
défenseur syndical.
Le
défenseur syndical signale, quant à lui, à son employeur
son
absence pour formation. Il doit le faire, précise le
décret, par tout moyen conférant date certaine :
–
au moins 30 jours à l’avance, en cas de durée d’
absence
égale ou supérieure à
trois journées de travail consécutives ;
–
au moins 15 jours à l’avance dans les
autres cas.
Sa lettre doit préciser la date, la durée et les horaires du stage ainsi que
le nom de l’établissement ou de l’organisme responsable. Au moment de la
reprise du travail, le salarié doit remettre à son employeur une
attestation
constatant sa présence au stage.
Le défenseur
syndical dispose d'une compétence régionale
La loi Macron a doté le défenseur syndical d'un véritable statut qui entrera
en vigueur le 1er août prochain. Chargé d'assister ou de représenter les
salariés devant les conseils de prud'hommes et en appel, le défenseur syndical
voit le cadre d'exercice de ses fonctions détaillé par un décret du 18 juillet.
A quelques jours seulement de son entrée en vigueur, le nouveau statut du
défenseur syndical y est complété. Détails de ce texte réglementaire.
Une activité
régionale pour le défenseur syndical
Pour la désignation du défenseur syndical, la première initiative revient
aux organisations syndicales et d'employeurs représentatives (dans au moins une
branche) : elles sont chargées de proposer à l'administration la désignation de
défenseurs syndicaux "au niveau régional en fonction de leur expérience
des relations professionnelles et de leur connaissance du droit social",
indique le nouvel article D. 1453-2-1 du code du travail.
La liste des défenseurs syndicaux est ensuite établie par le directeur régional
des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de
l'emploi (Direccte) ; ces défenseurs syndicaux "sont inscrits sur la liste
de la région de leur domicile ou du lieu d'exercice de leur activité
professionnel". Si le défenseur syndical a une préférence pour l'une de
ces deux options (exercice du mandat dans la région où il vit ou plutôt celle
où il travaille), c'est à l'organisation qui soutient la désignation de
l'indiquer à l'administration.
Remarque : les conditions générales d'exercice des fonctions de
défenseur syndical sont précisées par l'organisation qui propose l'inscription
et portées à la connaissance de l'autorité administrative.
Accès à la liste des défenseurs syndicaux
L'inscription des défenseurs syndicaux sur liste régionale est arrêtée pour
une durée de 4 ans par le préfet de région et publiée au recueil des actes
administratifs de la préfecture de région (C. trav., art. D. 1453-2-3). Cette
liste comporte pour chaque défenseur syndical :
le nom ;
le prénom ;
la profession ;
le nom de l'organisation syndicale ou professionnelle désignataire (et de
manière facultative les coordonnées de l'organisation ou celles des
intéressés).
Afin d'être facilement accessible à tous, la liste régionale des défenseurs
syndicaux sera disponible à la Direccte, dans chaque conseil de prud'hommes et
dans les cours d'appel de la région (elle est bien sûr susceptible de
modification à tout moment si nécessaire, par ajout ou retrait, à la demande
des syndicats ou de l'administration).
L'employeur bénéficie d'une information renforcée puisqu'il est directement
informé par le Direccte de l'inscription de son salarié sur la liste régionale,
de l'acquisition et du retrait de la qualité de défenseur syndical (C. trav.,
art. D. 1453-2-7). On peut dès lors penser que le défenseur syndical, salarié
protégé exerçant un mandat extérieur à l'entreprise, sera dispensé de
l'obligation de prévenir l'employeur de son statut particulier au plus tard le
jour de l'entretien préalable au licenciement.
Une activité
exercée à titre gratuit
Pour rappel, le défenseur syndical employé dans un établissement d'au moins
11 salariés dispose d'un crédit de 10 heures de délégation par mois. Le temps
passé hors de l'entreprise pendant les heures de travail pour l'exercice de sa
mission est assimilé à du travail effectif (pour les congés, la protection
sociale, etc.) et sont rémunérées par l'employeur. Un mécanisme de
remboursement de l’État est prévu auprès de l'employeur pour les salaires
maintenus.
Remarque : si le statut de défenseur syndical ne doit pas porter préjudice
au salarié, il ne permet pas non plus d'enrichissement. "Les défenseurs
syndicaux exercent leurs fonctions à titre gratuit", insiste le décret du
18 juillet. Toute rémunération (ou avantage, etc.) au titre de la défense des
salariés justifie la radiation d'office par le préfet de région (C. trav., art.
D. 1453-2-6).
Cas de radiation ou de retrait de la liste des défenseurs syndicaux
Le préfet de région peut radier un défenseur syndical pour les raisons suivantes
:
- violation du secret professionnel pour toutes les
questions relatives aux procédés de fabrication (C. trav., art. L. 1453-8)
;
- violation de l'obligation de discrétion à l'égard des
informations présentant un caractère confidentiel et données comme telles
par la personne qu'il assiste ou représente ou par la partie adverse dans
le cadre d'une négociation (C. trav., art..L. 1453-8) ;
- non respect de l'obligation d'exercer à titre gratuit
la mission de défenseur syndical (C. trav., art. D. 1453-2-6).
En outre, l'absence d'exercice de la mission de défenseur syndical pendant
une durée d'un an entraîne le retrait d'office de la liste régionale (sauf
justification d'un motif légitime), prévoit l'article D. 1453-2-5 du code du
travail.
Une garantie pour le salarié d'être accompagné jusqu'en appel
Une fois inscrit sur la liste arrêtée par le préfet de région, le défenseur
syndical peut exercer sa fonction dans le ressort des cours d'appel de la
région.
"Toutefois, lorsqu'il a assisté ou représenté la partie appelante ou
intimée en première instance, le défenseur syndical peut continuer à assister
ou représenter celle-ci devant une cour d'appel qui a son siège dans une autre
région".
Le salarié n'aura donc pas à changer de défenseur syndical en cours de procédure
pour d'éventuelles raisons de découpage de la carte judiciaire.
Remarque : à la seule lecture du texte réglementaire, il semble que le
défenseur syndical peut aussi reprendre l'affaire dans le cadre d'un renvoi
devant une nouvelle cour d'appel (y compris hors de la région de compétence)
après cassation par la Haute Cour.
Les règles à respecter par le défenseur syndical avant de partir en
formation
La loi Macron prévoit jusqu'à deux semaines d'absence pour formation,
rémunérées par l'employeur, par période de 4 ans. Le défenseur syndical,
précise le décret du 18 juillet, informe l'employeur de son absence pour
formation :
- au moins 30 jours à l'avance, pour une absence au moins
égale à trois journées de travail consécutives ;
- au moins 15 jours à l'avance dans les autres cas.
"La lettre précise la date, la durée et
les horaires du stage ainsi que le nom de l'établissement ou de l'organisme
responsable". A son retour de la formation, le défenseur syndical doit
remettre à l'employeur l'attestation de présence au stage qui lui aura été
délivré par l'organisme formateur.
D.
n° 2016-975, 18 juill.2016 : JO, 20 juill.