9 juin 2020

Banques : des primes « Covid » de 400 à 1.500 euros pour les salariés sur site





Les négociations sont en cours dans les banques pour l'octroi de primes graduelles aux salariés venus travailler pendant l'épidémie. Mais le principe d'une prime n'est pas acté pour tous.


Les banques ne prévoient pas pour l'instant de gratifier d'une prime les salariés contraints de télétravailler. Les syndicats le déplorent. 

Par Romain Gueugneau, Édouard Lederer
Les échos

Publié le 8 juin 2020 à 16h32Mis à jour le 8 juin 2020 à 17h21

  • Fermer le chapitre du confinement. Avant d'envisager la suite de l'année, les banques s'attachent à remercier les salariés qui sont venus travailler en agence ou dans les bureaux au plus fort de l'épidémie de coronavirus .

Des négociations sociales sont en cours dans les différents établissements en vue d'attribuer un complément de « prime Macron » défiscalisée aux salariés. Pour rappel, en début d'année, le gouvernement avait reconduit la possibilité de verser une prime défiscalisée de 1.000 euros aux salariés. Au moment du confinement, cette possibilité avait été poussée à 2.000 euros. Si une prime de 500 euros avait été obtenue en début d'année, il restait jusqu'à 1.500 euros à verser en vertu du nouveau dispositif.
  • Les négociations se sont achevées en fin de semaine dernière chez BNP Paribas, avec l'octroi de deux niveaux de primes pour les salariés dont la rémunération brute n'excède pas trois SMIC : 400 euros pour une présence sur site de 3 à 10 jours, 800 euros pour plus de 10 jours. Au total, 16.000 salariés touchant moins de 80.000 euros par an seront concernés par la prime, versée en juillet.

Un remerciement pas assez collectif au goût des organisations syndicales. « La direction crée un fossé entre les salariés et considère que les télétravailleurs sont des travailleurs de seconde zone », regrette Richard Pons, délégué national CFDT.

Jusqu'à 750 euros à la Société Générale

La question se pose dans des termes similaires chez Société Générale , où rien n'est pour l'instant prévu pour les télétravailleurs. Le montant s'élèverait à 500 euros pour ceux qui ont travaillé entre 10 et 19 jours sur site, et 750 euros au-delà de 20 jours. Elle concernerait 16.700 salariés (avec un revenu annuel inférieur à 65.000 euros), pour un budget de 10 millions d'euros. Une indemnité de restauration de 100 euros serait néanmoins versée aux salariés qui ont travaillé à domicile.
Là aussi, les syndicats ont exprimé leur déception sur les montants octroyés et les restrictions. Une nouvelle réunion de négociation est prévue ce mardi.
Dans les établissements mutualistes, le principe d'une prime n'est pas encore acté pour tous. Crédit Mutuel Alliance Fédérale s'y était engagé au début de la crise, mais les discussions entre la direction et les syndicats n'ont pas encore débuté. « Elles devraient s'ouvrir prochainement », indique un porte-parole.

Les mutualistes à la traîne

Chez BPCE, aucune discussion n'a été entamée au niveau du groupe. Les négociations - lorsqu'il y en a - s'organisent dans les différentes entités régionales. Si la Banque Populaire Alsace-Lorraine-Champagne, dans une région particulièrement touchée par la pandémie, a déjà convenu d'une prime pouvant aller jusqu'à 1.500 euros, « certaines Banques Populaires restent très fermes et ne veulent pas entendre parler de primes », déplore Laëtitia Bresson, déléguée nationale UNSA. Dans les Caisses d'Epargne, le sujet n'a pas encore été abordé.

  • Pas de cadre national de négociations non plus au Crédit Agricole. « Nous avons demandé à chaque section locale de porter le sujet sur la table des discussions », indique le SNECA, le principal syndicat au sein du groupe. Le temps presse : les primes doivent être actées avant le 31 août, date à laquelle tombe l'avantage fiscal.

Notre avis:

  • Hallucinant les mutualistes à la traîne !
  • Et pour ceux qui ont été contraints à télétravailler  ( souvent encore plus qu'en temps normal )
    • Rien, racket de congés, pas de remboursement des frais de repas, ni pour d'autres charges diverses engendrées par le télétravail  et pas de primes.....
  • Mais c'est sûr que si nous sommes les seuls à le demander à BPCE Sa, ça ne va pas être facile.
    • Ha non, au fait le plus simple serait qu'ils en parlent dans le cercle fermé de la communauté BPCE Sa !! 


6 juin 2020

MESURES POUR L’EMPLOI : LA confédérarion CFTC VEUT DES GARANTIES ET UNE MONTÉE EN GAMME !



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VENDREDI 5 JUIN 2020
Communiqué de presse de la Confédération CFTC

Reçue hier à l’Elysée avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales, la CFTC a relayé auprès du Président de la République les inquiétudes partagées par nombre de ses adhérents. Elle a rappelé que la confiance constitue le meilleur des carburants pour redémarrer la machine à produire et à consommer. Les quelques solutions « testées » via les médias pour accompagner la reprise d’activité ont un air de « déjà vu ».

  • Parmi ces solutions, la baisse des salaires et/ou la dégradation des conditions de travail comme conséquences de nouveaux assouplissements du code du travail. Dans un contexte où l’éventualité d’une seconde vague épidémique n’est pas écartée, où les faillites d’entreprises et leur corollaire, les pertes d’emplois, pourraient battre des records, recycler de telles solutions n’est pas de nature à redonner la confiance !

La CFTC a aussi rappelé au Président de la République ses propos esquissant l’après crise selon lesquels « rien ne sera plus comme avant ». En accord avec cette formule, elle a demandé que les mesures d’accompagnement en cours d’élaboration ne réinventent pas le « monde d’hier » mais favorisent la montée en gamme du pays. Pour ce faire, la CFTC en appelle à l’efficacité de la dépense publique
  • Pas opposée, par principe, aux diverses mesures d’accompagnement de l’activité, elle a demandé que ces dernières soient ajustées selon la réalité des situations économiques et financières. Certaines trésoreries permettent d’amortir tout ou partie de la baisse d’activité. 

Cet accompagnement par la puissance publique doit aussi être conditionné à l’existence d’un dialogue social. Les représentants des travailleurs doivent pouvoir garantir que les aides conduisent bien à préserver l’emploi ! Elles doivent parallèlement faciliter les reconversions vers les métiers d’avenir liés, entre autres, aux transitions écologique et numérique. Dans ce sens, elle a demandé que le futur dispositif d’activité partielle de longue durée permette une prise en charge de 100% du salaire quand le travailleur est en formation.  
  • En matière d’emploi et de formation, elle a encore plaidé pour un soutien massif à l’apprentissage. La rémunération de l’apprenti doit être réévaluée à la hausse en fonction de sa situation personnelle, plus ou moins précaire. Les OPCO doivent pouvoir renforcer leur contribution au titre du premier équipement afin par exemple de financer l’équipement informatique pour les cours à distance. Concernant les jeunes décrocheurs, la CFTC demande la généralisation de la « Garantie Jeunes ». Au-delà du soutien aux revenus, c’est d’un accompagnement renforcé pouvant durer jusqu’à un an dont ces jeunes ont besoins pour pousser la porte de l’emploi durable ! 

Enfin, ces mesures d’accompagnement visant différents publics devraient, selon la CFTC, être conditionnées ou, à tous le moins, proportionnées à la négociation d’une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). 
  • La crise sanitaire ayant prouvé que des entreprises pouvaient dans l’urgence se reconfigurer voire coopérer pour fabriquer des produits de première nécessité (masques, respirateurs), le temps est venu pour les responsables politiques, économiques et sociaux de nos territoires de s’emparer de cet outil.  La dépense publique doit inciter à penser et déployer sur nos territoires les métiers et emplois de demain !    


    
Notre avis:
  • OUI, une "véritable" GPEC et pas comme d'habitude un simulacre à la sauce BPCE SA. (voir nos tracts dans ce blog)


5 juin 2020

Le Parlement vote un congé de deuil élargi en cas de décès d’un enfant


La proposition de loi « visant à améliorer les droits des travailleurs et l’accompagnement des familles après le décès d’un enfant » a été définitivement adoptée, à l’unanimité, le 26 mai 2020 par l’Assemblée nationale. Le texte octroie notamment un congé global de 15 jours après le décès d’un enfant de moins de 25 ans.
04/06/2020  Semaine Sociale Lamy, Nº 1911, 4 juin 2020

Le Parlement vote un congé de deuil élargi en cas de décès d’un enfant© Aristotoo - Getty Images
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La perte d’un enfant est une période douloureuse qui demande du temps. Du temps pour surmonter ce terrible moment, mais aussi pour prendre les dispositions nécessaires en vue des funérailles et régler toutes les formalités pratiques et administratives. Jusqu’ici, au moins cinq jours devaient être accordés au salarié en cas de décès d’un enfant. Jugés « insuffisants » par le député Guy Bricout (UDI), une proposition de loi avait été déposée à l’Assemblée nationale pour porter à 12 jours ce congé légal. Le texte avait fait l’objet de vifs débats lors de son examen à l’Assemblée, contraignant le président de la République à demander au gouvernement de « faire preuve d’humanité » (voir Semaine sociale Lamy n° 1894, p. 4). Un texte « plus généreux », selon Guy Bricout, a finalement été adopté le 26 mai. Il octroie notamment 15 jours de congé minimum en cas de décès d’un enfant ou d’une personne à charge de moins de 25 ans. Les salariés, les travailleurs indépendants, les agriculteurs, de même que les agents publics, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels, pourront en bénéficier.
Un congé de deuil de 15 jours
Actuellement en cas de décès d’un enfant, le salarié a droit, sur justification, à un congé qui ne peut être inférieur à cinq jours (C. trav., art. L. 3142-1 et L. 3142-4).
La loi porte cette période à 15 jours en cas de décès d’un enfant ou d’une personne à charge de moins de 25 ans : un congé pour décès d’enfant porté à sept jours (au lieu de cinq actuellement) pris en charge par l’employeur, et un nouveau congé de deuil de huit jours pris en charge à moitié par l’employeur et à moitié par la sécurité sociale. Le congé de deuil peut être fractionné. Le salarié doit informer l’employeur 24 heures au moins avant le début de chaque période d’absence. Il peut, en outre, être pris dans un délai d’un an à compter du décès de l’enfant (C. trav., art. L. 3142-1-1 nouv.).
Lorsque l’enfant était parent, son décès ouvre droit au congé étendu de sept jours pris en charge par l’employeur, quel que soit son âge. Dans les autres cas (c’est-à-dire lorsque l’enfant décédé était âgé de plus de 25 ans et n’était pas lui-même parent d’un enfant), le congé demeure de cinq jours.
Sans changement, une convention ou un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, de branche peut prévoir une durée supérieure pour ces deux congés (C. trav., art. L. 3142-4).
Ces congés n’entraînent pas de réduction de la rémunération et sont assimilés à du temps de travail effectif pour la détermination de la durée du congé payé annuel. Leur durée ne peut être imputée sur celle du congé payé annuel (C. trav., art. L. 3142-2 mod.).
Ces mesures s’appliquent aux décès intervenant à compter du 1er juillet 2020. Un décret doit encore préciser les conditions de fractionnement du congé de deuil de huit jours.
Dons de congés au bénéfice des parents endeuillés
D’autre part, le texte autorise le don de congés au bénéfice des parents endeuillés, dans l’entreprise comme dans les administrations publiques. Dans le secteur privé, l’article L. 1225-65-1 du Code du travail est modifié pour permettre au salarié volontaire de renoncer à tout ou partie de ses jours de repos non pris au bénéfice d’un autre salarié de l’entreprise dont l’enfant (ou la personne à charge) âgé de moins de 25 ans est décédé. Cette renonciation peut intervenir au cours de l’année suivant la date du décès. Le salarié bénéficiaire a droit au maintien de sa rémunération pendant la période d’absence, celle-ci étant assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits qu’il tient de son ancienneté. La mesure entre en vigueur au lendemain de la publication de la loi au Journal officiel.
Une période protégée de 13 semaines suivant le décès
Par ailleurs, aucun employeur ne pourra rompre le contrat de travail d’un salarié pendant les 13 semaines suivant le décès de son enfant (ou de la personne dont il a la charge) âgé de moins de 25 ans, sauf à justifier d’une faute grave de l’intéressé ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger au décès de l’enfant (C. trav., art. L. 1225-4-2). Des exceptions identiques à celles existant en cas de grossesses et de naissances. Cette mesure s’applique dès le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel.
En outre, à compter du 1er juillet 2020, le salarié dans l’incapacité de continuer ou reprendre le travail pendant cette période de 13 semaines, et qui bénéficie à ce titre d’un arrêt de travail, ne se verra pas appliquer le délai de carence de trois jours. Il percevra les indemnités journalières de sécurité sociale immédiatement (CSS, art. L. 323-1-1 nouv.).
Enfin, certaines prestations familiales seront maintenues pendant cette période de protection, afin d’éviter une cessation brutale des aides financières liées au nombre d’enfants à charge (CSS. art. L. 552-7 nouv.). Un décret doit préciser la mesure qui entrera en vigueur au plus tard le 1er janvier 2022. Une allocation forfaitaire sera également versée sans condition de ressources aux familles en cas de décès d’un enfant à charge (CSS, art. L. 545-1 nouv.). Son montant sera modulé en fonction des ressources du foyer, selon un barème qui reste à déterminer par décret.
Loi à paraître
Sabine Izard
Notre avis:
Nous sommes très heureux de cette évolution de la loi, nous avions été très critique sur la précédente version ( voir dans ce blog)

Mais pour les dons de jours de RTT, une négociation avait commencé à BPCE Sa, mais elle a été stoppée du fait de la position mesquine de la Direction:
  • La Direction défendait la position suivante:
    • " on veut bien mettre en place le don de RTT à BPCE Sa, mais sans abonnement de l'employeur"
      • Organisez vous-même la solidarité, on ne sera pas contre ( heureusement, quand même !)
    • on imagine la même position pour les dons aux soignants, comme ça été le cas pour les réquisitions de jours de congés par "solidarité" ( sans efforts de l'entreprise)
      • Pour les prises de congés "obligatoires" certaines entreprises ont fait des dons pour chaque jour RTT réquisitionné. Ici c'était " tu continues de travailler, en télétravail ( 93% des salariés en forfait jours) pendant tes pseudos congés"  ( tout bénef pour l'entreprise et aucun effort sociétal !!)
    • dans le cadre de la solidarité BPCE Sa avait signalé avoir " donné" son stock de masques aux soignants, au moment où l'état les réquisitionnaient !!
Mutualiste, vous avez dit mutualiste ?
 on a pas le même dictionnaire !!

4 juin 2020

29 mai 2020

Traitement des conflits


Nouveautés sur le contentieux des élections devant le tribunal judiciaire et l'obligation préalable de règlement des conflits

La loi de programmation de la Justice du 23 mars 2019, et les décrets qui ont suivi (en particulier le décret du 11 décembre 2019) ont profondément modifié l'organisation judiciaire, avec la création du tribunal judiciaire, née de la fusion des tribunaux de grande Instance et des tribunaux d'instance. Ces modifications concernent notamment le contentieux des élections professionnelles et des désignations qui était jusqu'au 31 décembre 2019 de la compétence du tribunal d'instance. Il convient de faire le point sur les nouveautés essentielles et les questions qui se posent dans ce type de contentieux.
25/05/2020  Les Cahiers Lamy du CSE, Nº 203, Mai 2020

Nouveautés sur le contentieux des élections devant le tribunal judiciaire et l'obligation préalable de règlement des conflits© bizoo_n - Getty Images
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Rappel des nouveautés principales du contentieux électoral
La procédure reste sans représentation obligatoire et orale mais peut avoir lieu sans audience
Si l'article 760 du Code de procédure civile pose désormais le principe de la constitution d'avocat obligatoire devant le tribunal judiciaire, des exceptions visent le contentieux électoral auparavant confié au tribunal d'instance : il s'agit du contentieux électoral professionnel (COJ, art. R. 211-3-15) et du contentieux des désignations de délégués syndicaux (COJ, art. R. 211-3-16).
Si le Code de l'organisation judiciaire n'est pas à jour du comité social et économique (dit le CSE) et continue à faire référence aux délégués du personnel et au comité d'entreprise, le tableau du Ministère de la Justice sur les procédures avec représentation obligatoire confirme que le contentieux des élections et des désignations professionnelles est sans représentation obligatoire.
Les candidats, organisations syndicales et élus ne seront donc pas contraints de constituer avocat dans ces procédures pour être entendus.
De même si le nouvel article 775 du Code de procédure civile pose le principe selon lequel devant le tribunal judiciaire la procédure est écrite sauf dispositions contraires, le nouvel article 817 dudit Code précise que lorsque les parties sont dispensées de constituer avocat, la procédure est orale.
La procédure reste donc bien sans représentation obligatoire et orale.
Elle peut avoir lieu sans audience puisque les articles 828 et 829 du Code de procédure civile prévoient que même dans les affaires relevant de la procédure orale, le juge peut statuer sans audience si l'ensemble des parties y consent. En ce cas, elles formulent leurs prétentions et leurs moyens par écrit.
La saisine, par voie de requête
La saisine de la juridiction n'est plus possible par voie de déclaration au greffe, modalité de saisine supprimée par le décret du 11 décembre 2019.
L'article 750 du Code de procédure prévoit désormais deux modes de saisine du juge judiciaire : l'assignation et la requête. Le Code du travail a été modifié en conséquence et il précise que le tribunal judiciaire est saisi par voie de requête en matière de contentieux électoral et de désignations (C. trav., art. R. 2143-5 et C. trav., art. R. 2314-24).
Les mentions obligatoires que doit comporter cette requête sont énumérées aux articles 54, 57, 757 et 758 du Code de procédure civile. Celle-ci doit notamment comporter un exposé sommaire des motifs de la demande ainsi que la liste des pièces sur laquelle elle est fondée et une copie des pièces en autant de copies que de personnes à convoquer.
Attention à la répartition des compétences entre le tribunal judiciaire et les tribunaux et chambres de proximité
Si la fusion des tribunaux de grande instance et tribunaux d'instance au sein d'un tribunal judiciaire répond à un objectif de simplification, le cas du contentieux électoral illustre que cette intention n'est pas toujours perceptible.
Premièrement, les tribunaux d'instance n'ont pas totalement disparu : intégrés dans le tribunal judiciaire ils sont aujourd'hui dénommés selon les cas :
chambre de proximité, quand le tribunal d'instance était dans la même commune que le tribunal de grande instance ;
tribunal de proximité si le tribunal d'instance n'était pas dans la même commune que le tribunal de grande instance. Il est alors considéré comme une chambre de proximité du tribunal judiciaire le plus proche.
Deuxièmement, en principe ce contentieux n'est pas confié à la chambre de proximité ou au tribunal de proximité (c'est-à-dire à l'ancien tribunal d'instance) : c'est le tribunal judiciaire qui est compétent. Mais celui-ci peut avoir accordé une délégation de compétence matérielle au tribunal de proximité ou à la chambre de proximité (décisions publiées au bulletin officiel du ministère de la justice et sur www.justice.fr).
Ainsi, à titre d'exemple : l'ancien tribunal d'instance de Saint Germain en Laye, devenu tribunal de proximité n'est pas compétent pour le contentieux électoral, compétence conservée par le tribunal judiciaire de Versailles. A l'inverse les tribunaux de proximité d'antony ou de Vanves relevant de la même Cour d'appel de Versailles ont reçu une délégation de compétence en la matière.
Dans l'attente de la publication de ces délégations de compétences, et de la mise à jour des sites internet des juridictions, il est recommandé de se renseigner préalablement auprès des greffes, et à défaut de saisir le tribunal judiciaire qui se chargera de transmettre le dossier à la chambre compétente, le cas échéant.
En effet, en ce cas, un mécanisme de renvoi du dossier devant la juridiction compétente est prévu à l'article 82-1 du Code de procédure civile afin de régler de manière simplifiée les questions de compétence au sein du ressort d'un même tribunal judiciaire avant la première audience.
Attention les exceptions d'incompétence territoriale demeurent soumises au régime spécifique des exceptions de procédure devant être soulevées in limine litis, autrement dit, dès le début de l'instance.

L'obligation de tentative préalable de règlement des conflits en matière de contentieux des élections
Rappel des nouvelles conditions de l'article 750-1 du Code de procédure civile
L'article 750-1 du Code de procédure civile sur les dispositions générales en matière contentieuse devant le tribunal judiciaire, pose un principe de tentative préalable de règlement des conflits, menée par un conciliateur de justice, un médiateur ou par voie de procédure participative, et ce sous peine d'irrecevabilité (C. proc. civ., art. 750-1, al. 1er). Avant de saisir le juge, il faut donc tenter une mesure alternative de règlement des litiges et en justifier. Outre la conciliation et la médiation, il est possible de recourir à la procédure participative, convention par laquelle les parties à un différend s'engagent à œuvrer conjointement et de bonne foi à la résolution amiable de leur différend ou à la mise en état de leur litige (C. proc. civ., art. 2062).
Selon l'article 54 du Code de procédure civile, il faut préciser les diligences entreprises en vue d'une résolution amiable du litige ou de la justification de la dispense d'une telle tentative, dès l'acte de saisine.
Or, en matière de contentieux des élections et désignations professionnelles, le délai pour régulariser la requête est de 15 jours, 15 jours pendant lesquels une telle tentative de règlement amiable paraît peu réaliste.
Toutefois, ni le texte, ni même le FAQ du Ministère de la Justice n'ont envisagé de sécuriser ce contentieux, en l'excluant clairement du principe de tentative de règlement préalable des conflits, laissant donc au juge le pouvoir de trancher ce point, en fonction des limites et exceptions du texte.
L'obligation est limitée aux contentieux portant sur des sommes de moins de 5 000 euros
Parmi les limites et exceptions, l'article 750-1 du Code de procédure précise que cette exigence s'impose lorsque la demande en justice tend au paiement d'une somme n'excédant pas 5 000 euros (C. proc. civ., art. 750-1, al. 1er).
La demande en justice relative à la contestation d'élections professionnelles ou sur la contestation d'une désignation de délégué syndical ne portant pas sur une somme d'argent, l'application de ce texte pose évidemment question.
Compte tenu des termes du texte, il ne paraît pas possible d'appliquer ce principe à une demande indéterminée, laquelle par hypothèse ne tend pas au paiement d'une somme argent chiffrable.
Le FAQ du Ministère de la Justice confirme cette analyse en rappelant que les demandes indéterminées sont exclues de la tentative préalable obligatoire de règlement des conflits, sans toutefois exclure expressément le cas des élections et désignations professionnelles. Ce premier élément de réponse tend à écarter cette obligation en matière de contentieux électoral.
L'urgence et l'ordre public
Ce même article 750-1 du Code de procédure civile prévoit 4 cas de dispense, dont le troisième semble particulièrement approprié puisqu'il écarte cette obligation en cas de motif légitime tenant soit à l'urgence manifeste soit aux circonstances de l'espèce rendant impossible une telle tentative (C. proc. civ., art. 750-1, 3o).
Le motif légitime de l'urgence est un argument solide pour s'affranchir de cette obligation : 15 jours pour saisir (voire 3 jours lorsque la contestation porte sur l'électoral), avec en principe 10 jours pour statuer, sur avertissement adressés aux parties intéressés 3 jours à l'avance.
Le motif légitime tenant aux circonstances de l'espèce rendant impossible une telle tentative apparaît un moyen encore plus convaincant.
En effet, ce type de contentieux est empreint de règles d'ordre public, incompatibles avec des rapprochements, d'autant qu'il peut mêler l'employeur à de nombreux acteurs aux intérêts antagonistes (élus, candidats et organisations syndicales concurrents etc.).
La Cour de Cassation considère d'ailleurs que l'employeur et les organisations syndicales ne peuvent se faire juge de la validité des élections professionnelles en concluant un accord pour procéder à l'annulation des élections et les recommencer.
Ce principe a été rappelé dans un arrêt du 19 décembre 2018 dans une affaire qui concernait l'ancienne rédaction de l'article 58 du Code de procédure civile. La Haute juridiction a cassé un jugement qui avait déclaré irrecevable une requête en annulation du protocole préélectoral faute d'avoir mentionné les diligences accomplies en vue de parvenir à une résolution amiable, en considérant que : « L'employeur et les organisations syndicales ne peuvent conclure un accord pour se faire juge de la validité des élections professionnelles, matière intéressant l'ordre public » (Cass. soc., 19 déc. 2018, no 18-60.067). Cette analyse semble parfaitement transposable aux cas de dispense prévus à l'article 750-1 3o du Code de procédure civile et caractériser un motif légitime d'exclusion de la tentative préalable de règlement des conflits.

En conclusion
Le contentieux des élections et désignations professionnelles est remanié par la création du tribunal judiciaire, qui bouscule les habitudes devant les anciens tribunaux d'instance.
Ainsi bien que l'oralité des débats demeure le principe, l'écrit s'immisce dans ce contentieux technique en imposant la saisine par une requête motivée et en permettant une procédure sans débats oraux.
La nouvelle obligation de justifier d'une tentative préalable de règlement de conflit, n'apparait pas comme un obstacle nouveau en la matière : le caractère indéterminé des demandes, l'urgence de la matière intéressant l'ordre public et donc insusceptible de faire l'objet d'un accord sont autant de motifs qui conduisent à exclure l'application de la tentative préalable de règlement des conflits dans ces litiges.
Alexandre Duprey, Avocat of Counsel Cabinet Capstan

27 mai 2020

" Cash investigation" du 19 mai sur les discriminations dans le Groupe BPCE, le clash !




Ayant vu la présentation sur France 2, de cette émission concernant les discriminations dans le Groupe BPCE, nous n'avons pu qu'être atterrés. ( possibilité de revoir en replay )

Nous n'entrerons pas sur l'analyse du fond des discrimination Femmes / Hommes, présentées pour les entités Natixis et Caisse d'Epargne IDF, nous n'avons pas d'éléments supplémentaires à ceux présentés dans l’émission. 

Nous que ne savons que trop bien ce qui se passe à BPCE Sa, où les analyses des experts du CSE ( société Ipso Facto ) donnent les mêmes résultats d'années en années ( si France 2, veut compléter son analyse du groupe, par une analyse de BPCE Sa, nous pouvons leur communiquer des éléments)


Nous regrettons toutefois que l'analyse n'ait pas aussi été axée sur la discrimination syndicale, ça aussi on connait et on a des éléments à fournir !




  • La Direction, il y a quelques années a même tenté d’empêcher de fonctionner notre BLOG ( tout les éléments, sont en ligne dans celui-ci )
  • Des procès ont été intentés pour des discriminations.
Mais sur la forme:

Comment le patron de la deuxième banque française, peut-il refuser le dialogue avec une éminente journaliste  ( Elise LUCET ) de la télévision publique ?
  • Certes nous aurions pu comprendre que Laurent Mignon ne traite pas le sujet en direct, mais il aurait pu dire " je ne suis pas personnellement au fait de ce dossier, mais convenons d'un RDV, pour déterminer les personnes qui pourront vous renseigner utilement "
  • Au lieu de cela , nous avons assisté à la fuite de celui-ci comme un animal traqué.
  • Et que dire de la réaction de notre collègue qui l'accompagnait, qui a tenté de mettre la main devant la caméra pour éviter que la scène soit filmée.
    • Nous avons eu le sentiment de l'arrestation d'une personne accusée de crimes odieux !!
La communication de BPCE Sa, nous doit pas se faire dans le mépris, que se soit des journalistes, des téléspectateurs, des salariés ou des syndicats.

  • Mais il semblerait que tout ceci, ne doive rien au hasard, puisque:

    • lors du CSE de BPCE Sa en date du 26 mai, nous avons constaté qu'il semblerait que la nouvelle devise de la direction, soit : CIRCULEZ, Y A RIEN A VOIR.


Ca a commencé par une demande d’avis sur le Bilan social en prévision de l’AG, mais sans le compte rendu de la commission qui traite, par exemple de l’égalité salariale… tiens tiens

  • Alors nous sommes plusieurs à demander un échange en séance du CSE. 
    • Réponse de la Direction : Pas la peine d’en débattre en séance, cela a été vu en commission… Et puis on verra ça le mois prochain, après le vote… tiens tiens


Nous insistons : Après l’émission " cash investigation" de France 2, c’est un sujet délicat, non ? Qui mérite qu’on s’y attarde un peu ???

  • Mais pour notre DRH, l’émission de France 2 n’est qu’un tissu de mensonges sans intérêt… Alors Circulez…


Alors nos représentants demandent, à titre d’illustration, pourquoi les recrutements présentés en page 8 d’un powerpoint épais comme un sandwich SNCF, passent de 100% de femmes dans les classes classe E à H, puis tombe à 51% pour la classe I, 33% pour la classe J, et s’effondre à 25% en K, pour finir à 17% en classe Z : pas de réponse, « ça a été vu dans la commission » …la fameuse, dont on attends le compte rendu le mois prochain… après le vote...


Bien évidemment, devant cette mascarade, la CFTC comme le reste des syndicats refuse de voter l’avis. Ce qui pique notre Direction au vif, qui clos la séance et détale dans les couloirs… A la façon de notre Président devant Elise Lucet… Décidemment, ça devient une mode…






26 mai 2020

REPORT de nos analyses

Désolé, l'intense actualité, nous oblige à reporter à demain l'article : "CLASH INVESTIGATION" suite à l’émission " CASH INVESTIGATION" d'Elise LUCET sur FRANCE 2.


Cette émission traitant des entités NATIXIS et Caisse d'Epargne IDF est passée sur les antennes la semaine dernière et encore disponible en replay.


Nous publierons nos réactions demain. 

Suppressions d'emplois dans les banques ( suite et pas fin)



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Virus: HSBC envisage d'aller au-delà des 35.000 suppressions d'emplois prévues, selon la presse
AFP•26/05/2020 à 13:02

La banque britannique HSBC entend pousser plus loin son plan de restructuration, qui prévoit déjà 35.000 suppressions d'emplois, en raison de l'impact de la pandémie de coronavirus, révèle le Financial Times.
Le conseil d'administration de la banque examine un élargissement du plan social ou une vente de ses activités aux Etats-Unis, selon une source proche du dossier citée par le quotidien des affaires dans un article mis en ligne lundi soir.
Interrogée par l'AFP, HSBC n'a pas souhaité faire de commentaires.
En février, avant que le coronavirus ne devienne une pandémie, HSBC avait annoncé la suppression de 35.000 emplois en trois ans et une sévère réduction de voilure aux Etats-Unis et en Europe, afin de se concentrer davantage sur l'Asie.
Elle réfléchit en en outre à une cession de sa banque de détail en France. 
En raison du Covid-19, la banque avait toutefois suspendu temporairement ce plan massif.
  • La pandémie pèse lourd sur les résultats financiers du groupe bancaire, qui a enregistré un bénéfice net en chute de 57% au premier trimestre.

La banque prévoit que la facture des crédits impayés en 2020 se stiue dans un montant compris entre 7 et 11 milliards de dollars.
jbo/ktr/evs

Notre avis: 
  • Comme nous l'indiquions hier, nous avons le très fort sentiment que des jours très sombres se préparent dans les banques


25 mai 2020

Les banques lancent déjà de nouveaux plans d’économies



Les banques lancent déjà de nouveaux plans d’économies
Le Monde
Véronique Chocron
23 May 2020
© Le Monde, 2020. Tous droits réservés.

BNP Paribas et Société générale vont, à elles deux, réduire leurs coûts de plus de 2 milliard d’euros, dont 1 milliard en raison de la pandémie
Depuis la grande crise financière de 2008, partout sur le Vieux Continent, le développement des grands groupes bancaires européens va de pair avec des programmes de réductions de coûts chroniques. Cette année, la pandémie de Covid-19 va accentuer ces plans d’austérité.
En France, les banques sont certes loin de figurer parmi les secteurs économiques les plus touchés par le choc économique dû au confinement, mais elles ont toutefois ressenti, dès le premier trimestre, les effets de la crise : Société générale et Natixis, la filiale cotée du groupe Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE), ont essuyé des pertes nettes, respectivement de 326 millions et 204 millions d’euros. BNP Paribas et le Crédit agricole ont bien résisté, mais ont toutes deux enregistré des bénéfices en recul de 33 % sur un an (1,3 milliard et 908 millions d’euros). Les institutions financières ont, en effet, dû accumuler de lourdes provisions pour faire face à des pertes potentielles de crédits, puisque de nombreux prêts souscrits par leurs clients entreprises ne pourront pas être remboursés.
Lors de l’assemblée générale de BNP Paribas, le 19 mai, le directeur général du groupe, Jean-Laurent Bonnafé, a souligné devant les investisseurs que le programme actuel de réduction de coûts, initialement chiffré à 1 milliard d’euros, allait être revu à la hausse, à 1,4 milliard d’euros en 2020, « voire un peu plus », en raison de la pandémie. La banque anticipe une baisse de ses activités de services, rémunérées par des commissions, qui ne sera pas compensée par la bonne dynamique des crédits. Comment l’établissement compte-t-il économiser de nouveau 400 millions d’euros ? Moins de lancements de nouveaux projets, moins de voyages, dit-on chez BNP Paribas. « Malheureusement, ces réductions de coûts passeront en partie par des réductions d’effectifs », indique Richard Pons, délégué syndical CFDT chez BNP Paribas. Aucun plan de départs supplémentaire n’est prévu à ce jour, mais le groupe ne remplace pas tous les départs.
« Nous gelons les embauches »
Société générale a, de son côté, chiffré les nouveaux « efforts sur les coûts » à un montant entre 600 millions et 700 millions d’euros en 2020. « Nous gelons les embauches, nous arrêtons les frais de consultants, nous revoyons les dépenses informatiques. Nous avons arrêté les voyages à travers le monde, qui représentent des sommes non négligeables, a détaillé Frédéric Oudéa, le directeur général du groupe, en présentant ses comptes trimestriels. Nous allons tirer les leçons de cette crise pour l’avenir, dans le cadre de notre futur plan stratégique 2021-2025, sur les manières différentes de travailler. »« La clientèle va-t-elle revenir dans les agences ? », s’inquiète Philippe Fournil, délégué national CGT chez Société générale.
Natixis estime pour sa part que sa « base de coût pourrait être réduite de 8 % à 10 % par rapport à 2019 ». « Des recrutements prévus sont reportés, et un coup d’arrêt drastique a été porté au recours aux prestataires externes », indique une source syndicale.
Ce coup de frein intervient après une année noire pour l’emploi dans le secteur bancaire. Dans un contexte de taux d’intérêt durablement bas, de baisse marquée de la fréquentation des agences et d’automatisation des métiers, les grands établissements européens, en quête de rentabilité, ont annoncé, au cours des quinze derniers mois, plus de 80 000 suppressions de postes. « Les salariés de la banque sont inquiets pour l’avenir de leurs métiers depuis déjà plusieurs années, constate Frédéric Guyonnet, le président national du syndicat SNB-CFE-CGC. La crise liée au Covid-19 risque d’accélérer cette transformation. »
Société Editrice du Monde

NOTRE AVIS:

  • BPCE SA sort déjà d'un plan de réduction des charges, nommé OPAL, avec tout le succès ( nombreux articles dans ce blog )que l'on a pu vous décrire.
  • Nous sommes persuadés que la Direction, prenant   prétexte du COVID 19, va, cette fois, avec la bénédiction du Gouvernement, se lancer dans des procédures beaucoup plus drastiques
Demain: un point "clash" investigation !